SUCCESS STORIES   |     DIASPORA   |     JEUNES TALENTS  |    

Madjé Ayité, cinéaste très tôt

Par Journaldutogo.com - 06/10/2014

Madjé Ayité, 30 anss, est l’une des figures de cette jeune génération de cinéastes qui se battent pour sortir le cinéma togolais de la torpeur.

 

Une passion découverte très tôt au collège. Faute d’institut délivrant une telle formation au Togo, il n’a pas pu poursuivre des études supérieures en cinématographie. Il fera une formation en télécommunication électronique et technique pour laquelle il opte et d’où il sortira nanti du diplôme de Brevet de Technicien Supérieur (BTS). En pleine formation pour son BTS, il est engagé comme stagiaire à la Télévision Deuxième (TV2), une chaine privée togolaise. Il y rencontre du monde : « Parallèlement j’entretenais des relations particulières avec certains aînés comme Jacques Doh Kokou. Ce dernier, je l’avais rencontré déjà en classe de seconde alors qu’il était de passage au lycée pour encadrer un atelier ponctuel sur le cinéma. J’avais été retenu comme assistant sur le court métrage qui devait sanctionner la fin de la formation». Vite, Madjé Ayité passe à l’action sans attendre d’arriver au terme de ses quatre années de formation. Il propose des courts métrages qu’il réalise avec les moyens de la TV2. « La grande ville », 2002 ; « Katafiti » (escroquerie) 2003 et « Rap génération », 2004. Et par la suite, le jeune embraye sur la création de sa propre structure, Universal Grace Productions. Nous sommes en 2005 et c’est l’année où sa carrière passe en vitesse de croisière. Outre la création d’UGP (Universal Grace Productions), Madjé Ayité prépare en effet, un premier long métrage « Vanessa et Sosie » qui ne sera porté à l’écran qu’en 2006. Et le coup d’essai devient tout de suite, non seulement un coup de maitre, mais un coup de chance ! Le film emporte le grand prix de l’indépendance initié par le ministère des arts et de la culture. « Vanessa et Sosie » relate une histoire d'amour sur fond des conséquences du trafic d'enfants.

 

Cependant, pour le jeune réalisateur, il n’est point de satisfaction à avoir. « Car la barre parait encore trop haute et l’objectif trop éloigné quand je tiens compte de la qualité de certaines œuvres qui m’ont émerveillé. Par exemple « Le Ballon d’or » du Guinéen Cheik Doukouré ; « Les Saignantes » du Camerounais Jean-Pierre Bekolo ou encore « Rue Princesse » de l’Ivoirien Henri Duparc» avoue-t-il. Il devient alors plus que jamais pressant d’élargir son horizon, de décrocher des participations aux festivals, de se trouver des formations courtes mais pointues dans le domaine. En quelques années, le cinéaste débutant parcourt quelques festivals africains, ses quelques films sous les bras. Les festivals Lagune Image et Quintessence au Bénin ; Ecrans Noirs au Cameroun ; le Festival Panafricain de Cinéma de Ouagadougou (FESPACO), etc. Mais entre-temps, il boucle la réalisation de son second long métrage « La bataille des absents » sorti deux ans après le premier. Madjé Ayité se bâtit une réputation qui attire un public de plus en plus large à ses projections.

Le style Madjé est né. Place aux marginaux, croisement de sujets proches des réalités quotidiennes de la jeunesse africaine, hardiesse et pathétique,…et l'essentiel est déjà là. La multiplication des activités et des projets demeure au rendez-vous. Il réalise dans la foulée un court métrage, « Gamon » (piège) en 2009 et produit le film « Ma mère est mon enfant » d’Ingrid Agbo, une jeune collègue. Film qui a reçu plusieurs distinctions à une récente édition du festival Clap Ivoire, à Abidjan. Madjé Ayié suit quelques formations ponctuelles au détour des nombreux festivals auxquels il prend part et une toute particulière, à l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) en France. Par ailleurs, il ne serait pas du tout excessif de relever que sa grande complicité et son étroite association avec sa sœur Sitou Ayité, scénariste et productrice, actuellement en formation dans une école de cinéma en France, participe à atteindre l’autre pan de l’éclosion de son talent. Ses collaborations fructueuses avec des collègues de plusieurs pays d’Afrique, marquent le passage à un important projet qu’il intègre suite à un appel à projet. Il s’agit d’une série télévisée sous régionale initiée et produite par le Centre national de la cinématographie du Mali : « Concessions », tel est l’intitulé de la série dont il est réalisateur, sur les deux épisodes tournés au Togo.

A ce jour, au croisement de ses innombrables projets, moyens et courts termes, le jeune réalisateur plante un ambitieux projet : disposer d’un studio digne de ce nom pour le cinéma togolais pour en arriver à une véritable industrie cinématographique. « C’est fou, mais je vous avoue que j’y travaille depuis et je vais y arriver » accentue-t-il. Mais en attendant, l’un des projets certains qu’il a en poche, c’est le retour à la prochaine édition du prestigieux festival de Cannes. Il y poursuivra un projet de réalisation de film documentaire qu’il a déjà entamé à la dernière édition du festival. Ce projet questionne la participation africaine à Cannes. Un projet qui lui a donné l’opportunité d’interviewer une figure de proue comme le réalisateur Mahamat Saleh Haroun ou encore Didier Awadi, le rappeur sénégalais. temp01

 

 
MOTS CLES :

0 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

require_once(

Agenda - événements

Africa SME Champions Forum: 300 PME africaines ont rendez-vous à Dakar
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDuTogo.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués