Carburant : un maillon vital pour l’économie togolaise

Chaque jour, des milliers d’automobilistes, de conducteurs de taxi-moto, d’entreprises et de centrales électriques dépendent d’un même élément : le…

Chaque jour, des milliers d’automobilistes, de conducteurs de taxi-moto, d’entreprises et de centrales électriques dépendent d’un même élément : le carburant. Derrière ce geste banal – faire le plein – se cache une organisation discrète mais essentielle pour la stabilité économique du pays.

Dans un contexte international marqué par la volatilité des prix du pétrole, le Togo a mis en place un dispositif précis pour garantir l’approvisionnement, contrôler les prix et assurer une distribution équitable sur tout le territoire.

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Un pays entièrement dépendant des importations

Le Togo ne produit pas de pétrole. La totalité des produits pétroliers consommés dans le pays est importée. En 2022, les volumes d’approvisionnement ont atteint environ 765 kilotonnes équivalent pétrole (ktep), une unité qui permet de mesurer l’énergie fournie par ces importations.

Cette dépendance rend la gestion particulièrement sensible : toute perturbation sur le marché international ou dans la chaîne logistique peut avoir des conséquences immédiates sur l’économie nationale.

Une coordination institutionnelle permanente

La régulation du secteur repose notamment sur le Secrétariat du Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des Produits Pétroliers (CSFPPP), organe chargé de suivre l’évolution des cours mondiaux et d’adapter les mécanismes nationaux.

Parallèlement, la Direction des Hydrocarbures, sous la tutelle du Ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières, veille à la sécurité des stocks, au respect des normes techniques et à la qualité des produits distribués dans les stations-service.

Ce ministère délivre également les autorisations de construction et d’exploitation des stations, et effectue des contrôles réguliers afin de garantir la conformité des installations.

Transport et électricité : les deux grands consommateurs

Près de 67 % du carburant importé est absorbé par le secteur des transports : véhicules particuliers, taxis-motos, camions de marchandises. Ce chiffre montre à quel point la mobilité est au cœur de l’économie togolaise.

Le reste des volumes soutient principalement la production d’électricité, notamment à travers les centrales thermiques qui complètent les autres sources d’énergie. Ainsi, le carburant ne sert pas seulement à faire rouler les véhicules, mais aussi à alimenter les foyers et les entreprises en énergie.

Protéger le pouvoir d’achat face aux chocs internationaux

Les prix du pétrole sur le marché mondial connaissent des variations fréquentes. Pour éviter que ces fluctuations ne pèsent brutalement sur les ménages et les entreprises, l’État togolais applique un mécanisme de fixation administrée des prix, accompagné de subventions.

L’objectif est double :

  • Maintenir un niveau de prix supportable pour les citoyens ;
  • Préserver la stabilité sociale et économique.

Ce système représente un effort budgétaire important, mais il est perçu comme un outil de régulation face aux incertitudes internationales.

Un prix identique sur tout le territoire

Un autre principe clé de la politique togolaise est l’uniformité du prix du litre, que l’on se trouve à Lomé ou dans une localité de l’intérieur du pays.

D’ailleurs, ce mécanisme repose sur la péréquation du transport, un système d’ajustement qui compense les différences de coûts logistiques entre zones proches des centres d’approvisionnement et régions plus éloignées.

Ainsi, un automobiliste en zone rurale paie le même prix qu’un conducteur de la capitale. Ce choix vise à garantir l’équité territoriale et à éviter des inégalités régionales.

Un maillon vital du développement

L’approvisionnement en carburant dépasse la simple question énergétique. Il touche aussi à la compétitivité des entreprises, à la mobilité des travailleurs, au fonctionnement des hôpitaux et à la distribution des biens de première nécessité.

Dans une économie en croissance, la fluidité de cette chaîne logistique constitue un facteur déterminant. Toute rupture pourrait en effet ralentir l’activité et affecter la vie quotidienne.

À l’heure où les enjeux énergétiques mondiaux deviennent de plus en plus complexes, le défi pour le Togo est clair : sécuriser durablement ses approvisionnements tout en poursuivant la diversification de ses sources d’énergie.

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