La réflexion sur l’avenir de l’innovation africaine a pris une nouvelle dimension à Lomé. En marge de la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), la Foire internationale de l’Innovation et de l’Invention du Togo (F2I-Togo) s’est ouverte le 11 mars 2026 avec une ambition claire : faire sortir la recherche scientifique de son cadre académique pour l’inscrire pleinement dans l’économie réelle.
Pour les organisateurs, le message est sans équivoque : les découvertes scientifiques ne doivent plus rester confinées aux laboratoires. Elles doivent désormais nourrir les industries, soutenir l’entrepreneuriat et contribuer à la transformation économique des pays africains.
Lors de l’ouverture de la foire, le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Gado Tchangbedji, a insisté sur la nécessité de rapprocher la recherche des réalités économiques.
Selon lui, la production scientifique ne peut plus être pensée uniquement comme un exercice académique. Elle doit désormais s’inscrire dans un écosystème où chercheurs, entreprises, investisseurs et institutions publiques travaillent de concert pour transformer les idées en solutions concrètes.
Dans cette perspective, la F2I-Togo se veut un espace de dialogue et de coopération entre les différents acteurs de l’innovation.
Portée par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), l’initiative vise à créer des passerelles entre les mondes académique et entrepreneurial.
Pour son président, José Kwassi Symenouh, l’objectif est d’encourager la rencontre entre l’invention et le marché. Par ailleurs, l’enjeu consiste à aider les universités et les centres de recherche à trouver des partenaires capables de transformer leurs innovations en projets industriels.
Au-delà d’une simple exposition technologique, la foire ambitionne donc de soutenir les projets les plus prometteurs et de leur offrir un accompagnement vers une valorisation économique.
La vision portée par les organisateurs est partagée par plusieurs responsables publics présents à l’événement. Pour Comlan N. Yakpey, l’innovation et l’invention constituent des instruments essentiels pour renforcer la résilience économique des États.
Dans un contexte mondial marqué par une forte compétition technologique, la capacité des pays africains à produire leurs propres solutions scientifiques apparaît désormais comme un enjeu stratégique.
La F2I-Togo s’inscrit ainsi dans la volonté du gouvernement togolais de promouvoir l’entrepreneuriat et de valoriser les résultats de la recherche nationale.
Chercheurs et entrepreneurs réunis autour d’un même objectif
Durant la foire, les visiteurs ont pu découvrir plusieurs projets conçus par des chercheurs et inventeurs venus de différentes régions du pays. Des prototypes technologiques aux solutions industrielles, les stands ont mis en lumière la créativité et le potentiel d’innovation de la communauté scientifique togolaise.
Un panel de discussions a également réuni enseignants-chercheurs, étudiants, innovateurs et entrepreneurs autour d’une question centrale : comment transformer les inventions issues de la recherche en véritables industries créatrices d’emplois ?
Les échanges ont ainsi permis d’identifier plusieurs pistes, notamment le renforcement des partenariats entre universités et entreprises, l’amélioration du financement de l’innovation et la mise en place de structures d’accompagnement pour les start-up technologiques.
Une dynamique qui dépasse le cadre togolais
Les projets présentés lors de la foire seront évalués et certains d’entre eux bénéficieront d’un accompagnement pour leur développement industriel et commercial.
Organisée en marge des Journées scientifiques du CAMES, l’initiative traduit la volonté croissante des universités africaines de rapprocher la recherche du monde économique.
Pour les pays membres du CAMES, l’enjeu est de bâtir un écosystème d’innovation capable de soutenir la transformation structurelle des économies africaines.
À Lomé, le message est clair : l’Afrique de demain se construira autant dans les laboratoires que dans les entreprises, à travers une alliance renforcée entre savoir et production.
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