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Italie: des milliers de « sardines » à Florence contre l’extrême droite

« Les consciences politiques se réveillent ». Des milliers de « sardines », sympathisants d’un mouvement civique fondé il y a 15 jours à Bologne, ont manifesté samedi à Florence (centre-nord de l’Italie) contre l’extrême droite et les idées souverainistes de Matteo Salvini.

« Nous sommes 40.000, plus qu’à Bologne », se sont félicités les organisateurs de la manifestation qui a littéralement envahi la Place de la République de la capitale toscane. La police a fait état de 10.000 participants.

Le mot d’ordre des manifestants – beaucoup d’étudiants, de jeunes professionnels et des familles avec des enfants – était apolitique et une banderole portant la faucille et le marteau, emblèmes communistes, a été huée.

« Nous ne voulons pas de symboles sur un si beau rassemblement. Nous sommes fatigués de la haine, ne nous combattons pas entre nous », a lancé à la foule un des organisateurs, Danilo Maglio, un jeune étudiant, un étudiant en arts et spectacles de 20 ans, organisateur de la manifestation.

Le mouvement des « sardines » n’a pas de programme ni de structure centrale.

Mais pour l’un de ses fondateurs à Bologne, Mattia Santori, 32 ans, « c’est super de voir des consciences politiques qui se réveillent. Il y a beaucoup de gens qui n’étaient jamais descendue dans la rue et ils sont là aujourd’hui ».

Interrogé par l’AFP-TV, il a rappelé que Matteo Salvini tenait un meeting à quelques dizaines de kilomètre de là.

« Il y a une différence énorme: ici il y a des individus qui occupent un espace, qui lancent des message pacifiques et revendiquent une autre idée de communauté », a noté ce jeune diplômé en économie qui travaille aussi comme enseignant en athlétisme pour handicapés.

Au début du rassemblement, les manifestants ont entonné le chant des partisans italiens anti-fascistes de la Seconde guerre mondiale, « Bella Ciao ».

« Nous voulons une politique de qualité. Nous en avons marre d’une dialectique violente, populiste et surtout à matrice souverainiste », a expliqué Danilo Maglio.

– « Faire quelque chose » –

Il a critiqué l’utilisation des réseaux sociaux par l’extrême-droite: « On en a marre de la haine et de la violence ».

Comme au cours de la dizaine de manifestations qui ont déjà eu lieu dans toute l’Italie depuis 15 jours, les manifestants brandissaient des pancartes en forme de sardines ou d’autres clamant des slogans comme: « Chaque sardine a le droit d’exister ».

Alice Stefani, une étudiante de 29 ans est venue spécialement d’Arezzo, à l’autre bout de la Toscane: « On en a assez de cette politique, avec sa mauvaise communication ».

Selon elle, le rassemblement « n’est ni contre Salvini, ni personne ». « Nous voulons une politique différente, qui parle aux jeunes aussi », ajoute-t-elle estimant qu’il « faut des idéaux véritables ».

Sur la place, il y avait aussi quelques tempes grises comme Marco Goffi, un retraité de Florence de 65 ans: « Il fallait faire quelque chose et dès que j’ai vu cela je me suis dit qu’il fallait y aller ».

Le mouvement est né en réaction à la victoire inattendue de la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, fin octobre, pour diriger l’Ombrie, région qui était à gauche depuis plus de 50 ans.

Depuis, l’ex-ministre de l’Intérieur mène campagne tambour battant pour s’emparer de la riche région d’Emilie-Romagne, un autre bastion de la gauche, lors des régionales prévues le 26 janvier.

Salvini, après avoir fait éclater son alliance avec le Mouvement 5 Etoiles (anti-établissement) début août et quitté le gouvernement, affirme vouloir conquérir une à une les régions pour provoquer la chute de la nouvelle coalition au pouvoir entre M5S et le Parti démocrate (centre-gauche) et obtenir un scrutin législatif anticipé.

La Toscane, également un fief historique de la gauche, votera après l’Emilie-Romagne, au printemps 2020.

Election après élection, la Ligue s’est renforcée dans les régions du centre et du nord de l’Italie. Et les candidats de la coalition menée par la Ligue et le gouverneur sortant de centre-gauche sont donnés au coude à coude en Emilie-Romagne.

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