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Les sujets qui fâchent en vedette dans les journaux camerounais

Un vent mauvais souffle dans les journaux camerounais parus mardi, qu’il s’agisse de la politique, de l’économie que des faits de société.Que sont donc devenues les résolutions du Grand dialogue national, tenu du 30 septembre au 4 octobre dernier dans la capitale, Yaoundé, et qui ambitionnait d’apporter une réponse politique à la crise sécessionniste anglophone ? En posant la question, le quotidien à capitaux privés de langue anglaise constate qu’un mois plus loin, après avoir englouti des milliards d’argent public pour la cause, aucune matérialisation concrète n’est perceptible sur le terrain et, pire, le conflit armé s’envenime.

 

La bataille armée contre les séparatistes reste de rigueur, confirme Aurore Plus, qui par ailleurs consacre un dossier aux 37 ans de pouvoir de Paul Biya, l’homme qui a refusé de gouverner par procuration ainsi que le souhaitait son «illustre prédécesseur», Ahmadou Ahidjo. «Ce mercredi, cela fera exactement 37 ans que Paul Biya est le maître du Palais d’Etoudi», rappelle le bihebdomadaire qui en profite pour revisiter les angoisses, déceptions et frustrations, les grosses ombres et petites lumières, les rendez-vous manqués, les espoirs déçus et les légers frémissements ayant marqué ces années, sans doute les plus palpitantes de l’histoire du Cameroun indépendant.

 

Le Messager, qui procède au même inventaire, affirme que c’est le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) qui a «coulé» le régime avec ses caciques cupides, corrompus : entre batailles de leadership et mal-gouvernance, cette formation a fini par «tuer» la doctrine de Paul Biya qui avait placé son magistère sous le signe de la rigueur et de la moralisation des comportements.

 

Et s’il y a un domaine où le pouvoir de Yaoundé a lamentablement échoué, c’est, selon Mutations, celui des marchés publics, et plus particulièrement de la construction des routes où la résiliation en série de contrats avec les prestataires défraie la chronique sur fond de fausses déclarations, mauvais choix des entreprises pour des résultats inversement proportionnels à la commande et aux ambitions de développement du pays.

 

Le Point Hebdo semble rapprocher cette incurie de la situation catastrophique que connaît la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) qui, depuis son lancement en 2001 n’a jamais véritablement pris son envol, plombée qu’elle est par des crises multiples, des erreurs managériales à n’en plus finir avec, à l’horizon, des menaces de cessation des activités.

 

Économiquement sinistré, le Cameroun doit régulièrement recevoir la visite des gendarmes financiers de Bretton Woods, soupire CamerPress à la lumière du séjour actuel d’une mission du Fonds monétaire international (FMI) à Yaoundé. Il convient sans doute de rester mesuré dans l’analyse, répond en écho le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune qui, se fondant sur les premières déclarations des délégués venus de Washington, évoque un «bilan satisfaisant à mi-parcours» de la revue des performances macroéconomiques du pays.

 

Une fois que cela est dit, Mutations, à travers un recensement des zones à risque du pays, replonge son lecteur dans la catastrophe survenue voici une semaine à Bafoussam (Ouest), où un éboulement de terrain a fait 43 morts. Des vies humaines son en danger à travers le pays, rappelle la publication, avec comme principales causes l’occupation anarchique des terrains a priori non constructibles, sous le regard parfois passif des autorités. Après avoir recensé quelques sites dans plusieurs villes du Cameroun, la publication tire la sonnette d’alarme quant à l’ampleur du phénomène et l’urgence de réagir.

 

La preuve qu’il y a péril, renchérit Le Messager, c’est cet autre glissement de terrain survenu la veille dans un quartier de la capitale, Yaoundé, avec un mort et plusieurs blessés enregistrés après de fortes averses. Après le drame de Gouache à Bafoussam, L’Épervier signale que le Génie militaire est entré en action en vue de viabiliser un site de recasement des sinistrés.



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