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L’ouverture du Grand dialogue national en vitrine dans les journaux camerounais

L’ouverture, la veille dans la capitale, Yaoundé, du Grand dialogue national convoqué par le président Paul Biya pour sortir de la crise sécessionniste anglophone, meuble les manchettes des journaux camerounais parus mardi.Voici donc le Cameroun face à son destin, débute l’hebdomadaire Expression économique sur le retour au sujet d’un forum qui charrie tous les espoirs et dont l’inauguration a connu la présence remarquée d’ex-combattants séparatistes, preuve d’une adhésion certaine de la majorité des Camerounais et d’un début de solution.

Le ton est donné, renchérit le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, notant également la prise de parole de repentis, décrivant une cérémonie d’ouverture fort courue et signalant qu’avec la composition des commissions, les travaux entrent dans le vif du sujet.

Sous le titre «Le message d’espoir de Dion Ngute, Mutations note qu’à l’ouverture du Grand dialogue national, le Premier ministre a sagement évité de remuer les plaies causées par les atrocités de ces trois dernières années dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Un jour après le lancement de ce qu’il conviendra d’appeler «le dialogue Dion Ngute», il y a une grosse attente qui flotte dans l’air en même temps qu’une sorte d’indifférence qui divise les Camerounais en deux catégories : les ex-combattants ont fait une sorte de mise en bouche du débat, fustigeant la marginalisation dont la partie anglophone du pays est victime et appelant ceux qui sont encore en brousse à regagner la cité ; les autres, les sceptiques invétérés et intraitables, n’y voient qu’une manœuvre de plus du système pour jeter la poudre aux yeux des Camerounais, magnifier une fois de plus les pontes et brûler des milliards de francs.

Il reste toutefois que, selon The Guardian Post qui rend également compte du repentir d’un groupe d’ex-miliciens à la tribune, les invités du Premier ministre sont optimistes quant à l’aboutissement heureux du Grand dialogue national.

Inévitablement, et au grand dam des organisateurs, la décentralisation et le fédéraliste, en somme la forme de l’État, se sont invités aux débats, note Le Jour. Cette entorse à l’agenda, précise Mutations, est portée par Ibrahim Mbombo Njoya, le vénérable roi des Bamoun et dignitaire du régime qui, alors qu’il énumérait des solutions pour la résolution de la crise anglophone, a axé son discours sur l’alternance en s’attardant sur la nécessité de revoir les modalités d’accès à la magistrature suprême.

«Le sultan Mbombo Njoya demande à Paul Biya de quitter le pouvoir», résume Émergence. «Mbombo Njoya embarrasse le régime», appuie Le Messager, expliquant que la sortie de l’autorité traditionnelle n’a pas été du goût du Premier ministre, modérateur de la grande palabre. «Le sultan sort sa tête de vipère», ironise l’hebdomadaire satirique Le Popoli avec une caricature fort expressive du président Biya également déçu par les propositions indécentes d’un de ses intimes.



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