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Mauritanie : les prisonniers salafistes se plaignent de leurs conditions de détention

Les prisonniers dits salafistes en Mauritanie, poursuivis dans des affaires de terrorisme, se sont plaints des conditions de leur détention dans un communiqué rendu public mercredi à Nouakchott et dont APA a reçu copie.Ces détenus accusés de terrorisme — entre 20 et 30– ont qualifié d’«injustice extrême» le fait que les autorités pénitentiaires refusent l’accès de la prison à leurs épouses, mères ou sœurs sous prétexte qu’elles portent le hijab, un vêtement musulman pour femmes couvrant tout le corps.

Cette mesure d’interdiction d’entrée de personnes portant le hijab avait été décidée en 2016 après l’évasion, quelques mois plus tôt, du prisonnier Cheikh Ould Saleck qui aurait utilisé les vêtements d’une femme voilée pour sortir de la prison sans éveiller les soupçons des gardes.

Condamné à mort en 2011, M. Saleck a été arrêté quelques semaines plus tard en Guinée avant d’être extradé à Nouakchott, la capitale mauritanienne.

Dans leur communiqué, ces prisonniers ont également dénoncé leur longue détention après l’expiration de leurs peines et le refus de leur accorder la liberté provisoire ou conditionnelle.

Toutefois, on compte parmi ces détenus des condamnés à mort, à perpétuité et à d’autres peines de prison pour leur rôle dans des opérations terroristes commises en territoire mauritanien.

Parmi leurs délits, figurent l’assassinat de quatre touristes français en décembre 2007 près d’Aleg (260 kilomètres au sud-est de Nouakchott) et le meurtre d’un humanitaire américain en juin 2009 à Nouakchott.

Par ailleurs, les plaintes de ces prisonniers portent aussi sur les retards et la complication des formalités des procès, ainsi que le manque criant des compétences médicales au sein de la prison.

Les détenus ont en outre signalé leur souffrance de la pollution découlant des fuites fréquentes des eaux usées dans la prison.

Ils ont appelé les autorités concernées, le Mécanisme national de prévention de la torture et toutes les organisations de droits de l’homme à intervenir pour les aider à retrouver leurs familles.



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