Le sulfureux « général » Camille Makosso a-t-il franchi la ligne rouge de trop ? Le jeudi 22 janvier 2026, l’Observatoire National des Églises Évangéliques de Côte d’Ivoire (ONEE-CI) a jeté un pavé dans la mare en annonçant une procédure d’excommunication visant l’influenceur et pasteur le plus controversé du pays.
En effet, la décision, émanant d’une concertation entre plusieurs fédérations et validée à l’unanimité par le Conseil des Docteurs de l’Église, fait suite à la présence très remarquée de Makosso aux « Vodun Days » à Ouidah, au Bénin, début janvier.
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Le péché de Ouidah
Pour les instances ecclésiastiques ivoiriennes, le spectacle de Camille Makosso s’affichant au cœur de la ville sacrée de Ouidah ne passe pas. Alors que le festival célébrait les divinités Legba, Hêbiosso ou encore Mami Wata, le « général » ne s’est pas contenté d’une visite de courtoisie.
L’Observatoire lui reproche une « faute grave » : avoir activement promu l’événement dans les médias béninois et, surtout, avoir exprimé l’intention de convoyer des délégations de pasteurs et de fidèles chrétiens vers ces rites ancestraux. Une démarche jugée incompatible avec la « pureté de l’Évangile » et assimilée à une promotion de l’occultisme.
« Repentance ou exclusion. »
L’annonce, portée publiquement par le Dr Jean Isidore Gauze, sonne comme un ultimatum. Pour les autorités évangéliques, Camille Makosso, qui revendique souvent des titres de « porte-parole national » ou de « président des pasteurs », usurpe une autorité qu’il utilise désormais pour favoriser le syncrétisme religieux.
Toutefois, la porte n’est pas totalement fermée. L’Observatoire a assorti sa menace d’une condition : la reconnaissance publique d’une erreur et une « repentance sincère ». En l’absence d’un geste d’humilité de la part de l’intéressé, l’excommunication deviendra effective, le bannissant officiellement du corps pastoral reconnu de Côte d’Ivoire.
Un séisme dans la « Blogosphère » chrétienne
Cette affaire soulève une question de fond qui agite l’Afrique de l’Ouest : où s’arrête la promotion du patrimoine culturel et où commence l’apostasie religieuse ? Pour Camille Makosso, habitué à jongler entre business, réseaux sociaux et religion, ce bras de fer avec les « docteurs » de la foi pourrait aussi écorner sa légitimité auprès de sa base de fidèles les plus conservateurs.
Reste à savoir si celui qui se définit comme un électron libre de la foi acceptera de se plier au verdict de ses pairs ou s’il choisira la rupture définitive, au risque de voir son « empire » spirituel officiellement désavoué.




