Comment sortir les étudiants togolais de la théorie pour les plonger dans le concret du marché régional ? C’est tout l’enjeu de l’audience accordée le mardi 27 janvier par le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur, le professeur Gado Tchangbedji, à une délégation de l’AOCTAH. Au cœur des discussions : un partenariat inédit pour professionnaliser les cursus agricoles et économiques.
Réduire le fossé entre les amphithéâtres et les postes de douane. En effet, l’initiative vient de l’Association Ouest-Africaine du Commerce Transfrontalier (AOCTAH), une organisation reconnue par la Cédéao qui structure les flux de produits alimentaires, pastoraux et halieutiques dans la sous-région. Son secrétaire permanent, Justin Matitoma Motchosso, est venu proposer au gouvernement togolais une immersion directe des étudiants dans les rouages du commerce transfrontalier.
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De la recherche appliquée au terrain
Par ailleurs, l’idée défendue lors de cette rencontre est pragmatique : transformer les futurs diplômés en acteurs du développement agricole. Le projet repose sur trois piliers :
- L’immersion totale : l’accueil massif d’étudiants en stages pratiques au sein des réseaux de l’AOCTAH.
- La recherche-action : orienter les thèses et mémoires vers des solutions innovantes pour fluidifier les échanges aux frontières.
- La structuration des filières : utiliser l’expertise académique pour mieux organiser les chaînes de valeur agricoles.

Lomé et Kara en première ligne
Le ministre Gado Tchangbedji n’a pas tardé à tracer une feuille de route claire. Il appelle désormais l’AOCTAH à formaliser des accords avec les poids lourds de l’enseignement public. Sont notamment visés les facultés d’économie (FASEG) et d’agronomie (ESA) de l’Université de Lomé, ainsi que l’Institut Supérieur des Métiers de l’Agriculture (ISMA) de Kara.
Pour le ministre délégué, cette « professionnalisation » de l’enseignement supérieur est un levier stratégique. Dans un Togo qui mise sur sa position de hub logistique et sur sa transformation agricole, l’étudiant doit en effet devenir un expert capable de répondre aux réalités économiques locales. Ainsi, en soutenant cette synergie, le ministère espère non seulement doper l’employabilité des jeunes, mais aussi renforcer la souveraineté alimentaire du pays par une meilleure maîtrise des circuits de distribution ouest-africains.




