À la veille du 21ᵉ anniversaire de la disparition de Gnassingbé Eyadéma, une œuvre mémorielle signée par l’ancien ministre Henri Koudjolou Dogo a été présentée à Kara. Un événement présidé par Faure Essozimna Gnassingbé, marquant une volonté affirmée de sacraliser l’héritage du « Père de la Nation ».
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Le timing n’est pas le fruit du hasard. À quelques heures des commémorations officielles marquant le 21ᵉ anniversaire du rappel à Dieu du général Gnassingbé Eyadéma, Lomé et Kara se tournent vers le passé pour mieux baliser l’avenir. En effet, le 4 février, le président du Conseil,Faure Essozimna Gnassingbé, a assisté à la dédicace solennelle de l’ouvrage « À l’ombre du Baobab », publié aux éditions Graines de Pensée.
Pour le pouvoir togolais, cet ouvrage ne relève pas de la simple bibliographie historique. C’est un instrument politique. En outre, le colonel Hodalo Awate, ministre de l’Administration territoriale et chef d’orchestre des hommages, l’a martelé lors de son discours : la mémoire est un « outil stratégique ».
« Dans un monde marqué par des ruptures et des recompositions géopolitiques majeures, la mémoire n’est pas un refuge nostalgique, elle est un outil d’orientation de l’avenir », a-t-il déclaré.
L’auteur, Henri Koudjolou Dogo, n’est pas un inconnu. Doyen des sénateurs et ancien ministre, il fut aussi l’un des collaborateurs proches du défunt président. Par ailleurs, son récit se veut un témoignage de première main sur la construction de l’État postcolonial togolais, structuré autour de chapitres aux titres évocateurs : « Ici a commencé l’histoire », « Eyadéma au pouvoir » ou encore « L’aigle s’en est allé ».
Le titre de l’œuvre, « À l’ombre du Baobab », s’appuie sur une symbolique forte dans l’imaginaire collectif ouest-africain. En plus, en choisissant cet arbre emblématique, l’auteur dessine le portrait d’un dirigeant garant de la cohésion sociale et de la protection civilisationnelle.
L’ouvrage retrace aussi les grandes étapes d’une époque présentée comme celle de la stabilité et de la construction nationale. Pour le gouvernement, il s’agit de transmettre aux jeunes générations — massivement représentées lors de la cérémonie par des étudiants de l’Université de Kara et des élèves des écoles militaires — les valeurs de :
Patriotisme et civisme ;
Panafricanisme ;
Recherche de l’excellence dans le service de l’État.
Au-delà de l’hommage, le livre se veut un support de réflexion scientifique sur la trajectoire du Togo. En remettant officiellement des exemplaires à la jeunesse, le régime réaffirme ainsi sa filiation avec la politique éducative et culturelle du Général Eyadéma.
En somme, Henri Koudjolou Dogo a conclu la cérémonie en exprimant sa gratitude envers Faure Essozimna Gnassingbé, dont la présence a conféré à cet événement une « haute portée symbolique ». Alors que le Togo poursuit ses mutations institutionnelles, l’ombre du « Vieux » continue de planer, plus que jamais érigée en boussole pour la nation.
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