Le fondateur de l’Église Zion-To et figure respectée du monde juridique togolais s’est éteint le 5 février 2026 à Lomé. Entre évangélisation télévisuelle et rigueur procédurale, le Dr Luc Russel Adjaho laisse derrière lui un héritage aussi singulier que durable.
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La nouvelle a d’abord circulé sur les réseaux sociaux, avant d’être confirmée par ses proches. Le pasteur Luc Russel Adjaho, leader spirituel de l’Église Zion-To, s’est éteint ce jeudi 5 février 2026 des suites d’une maladie. Ironie du destin : en avril 2025, il avait dû monter au créneau pour démentir une rumeur prématurée annonçant son décès. Cette fois, le « baobab » de la foi togolaise s’est bel et bien couché.
L’homme aux deux robes
Luc Russel Adjaho n’était pas seulement une voix derrière un pupitre de prédication. Pour de nombreux Togolais, il incarnait une rare dualité : celle de la robe pastorale et celle d’huissier de justice. Professionnel respecté du monde juridique, il traitait également ses dossiers avec la même rigueur que celle qu’il appliquait à l’encadrement spirituel de ses fidèles.
Aujourd’hui, sa famille et sa communauté religieuse saluent un homme qui a « consacré une grande partie de sa vie au service de Dieu et de son prochain ». Un parcours marqué par une volonté assumée de concilier les exigences du droit temporel et les aspirations du monde spirituel.
Un pionnier du paysage médiatique chrétien
Au-delà des temples et des cultes hebdomadaires, c’est sur le petit écran que le Dr Adjaho a durablement inscrit son nom. Fondateur de Zion TV, la chaîne de télévision de son église, il a aussi contribué à moderniser la communication religieuse au Togo. Ses enseignements, suivis par des milliers de téléspectateurs, mêlaient pédagogie, proximité et sens du verbe.
Il n’était pas rare de le voir commenter avec malice des scènes de films nigérians lors de ses émissions, utilisant ainsi la culture populaire comme levier d’évangélisation. Une approche singulière, parfois déconcertante, mais qui lui avait permis de toucher un public bien au-delà de sa paroisse d’origine.
Un vide immense
L’annonce de sa disparition a provoqué une vive émotion à Lomé et dans plusieurs régions du pays. Dans les milieux juridiques, on se souvient d’un confrère intègre ; dans les cercles religieux, d’un guide charismatique. Pour l’Église Zion-To, l’enjeu sera désormais de préserver et de faire vivre cet héritage à la fois médiatique et spirituel.
Alors que les hommages affluent, le Togo dit adieu à une figure éminente qui aura marqué son époque par son refus constant de cloisonner la foi et la vie publique.




