Le ministère de la Justice a lancé, le 11 février, une offensive pédagogique dans les établissements scolaires et universitaires. Objectif : vacciner la jeunesse contre le virus de la désinformation et transformer les réseaux sociaux en remparts de la démocratie.
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Dans les travées du Collège Protestant de Lomé Tokoin (CPLT), l’heure n’était pas aux cours de mathématiques habituels, le mercredi 11 février dernier. Devant un parterre d’élèves attentifs, le gouvernement togolais a donné le coup d’envoi d’une tournée nationale cruciale. Le thème, aux allures de défi contemporain, ne laisse aucun doute sur l’urgence du moment : comment préserver l’édifice démocratique face aux dérives de l’intelligence artificielle (IA) et aux fake news ?

La jeunesse, cible et bouclier
Pilotée par la Direction du Renforcement Démocratique, cette campagne ne sort pas du néant. Elle s’inscrit dans une stratégie de long terme impulsée par le chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, visant à faire des jeunes Togolais des citoyens « cyber-conscients ».
Pour Oubo M’bo, directeur du Renforcement Démocratique, l’enjeu dépasse la simple maîtrise technique. Il s’agit d’une éducation à la responsabilité. « L’initiative vise à outiller la jeunesse pour une utilisation du numérique au service de la culture démocratique », a-t-il souligné au nom du ministre de tutelle. L’ambition est claire : transformer 1 200 futurs leaders en barrières infranchissables contre les manipulations de l’opinion.

Les racines du mal : quand le clic menace l’État
L’intervention de l’expert Aglisso Mori a mis en lumière la face obscure de la technologie. Loin d’être de simples erreurs de jugement, la désinformation est ici présentée comme une arme de déstabilisation massive. Selon le spécialiste, les risques sont multiples pour le pays :
- Effritement de l’autorité : perte de confiance envers les institutions républicaines.
- Pollution du débat : manipulation des consciences et atteinte à la liberté d’expression.
- Menace régalienne : périls directs pour la sécurité nationale.
Pour le directeur du CPLT, Kokou Zounon, cet éveil des consciences est vital. Dans un monde où les algorithmes peuvent fabriquer de fausses réalités en quelques secondes, le discernement devient la première compétence civique.

Un marathon de la vérité
La sensibilisation ne s’arrête pas aux portes du collège Tokoin. Le ministère de la Justice entend maintenir la pression pédagogique tout au long du mois de février. Le calendrier est déjà bouclé :
- 19 février : cap sur l’École Supérieure d’Administration et de Gestion (ESAG-NDE).
- 23 février : rencontre avec les étudiants de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO).
À travers des débats mouvants et des sessions de jeux-quiz, le gouvernement togolais espère ancrer durablement ces réflexes de vérification. Une manière de rappeler qu’à l’ère de l’intelligence artificielle, l’intelligence humaine et le civisme restent les meilleures garanties de la stabilité nationale.




