JOHANNESBURG (Afrique du Sud), 24 février 2026 –À quelques jours du discours budgétaire sud-africain, l’ouverture du Sommet africain de l’économie verte 2026 (AGES 2026) place l’Afrique du Sud face à une question cruciale : comment transformer les ambitions climatiques en investissements réels et mesurables ?
Le rendez-vous intervient dans un contexte politique particulier. Lors de son récent discours sur l’état de la nation, le président Cyril Ramaphosa a remis au centre du débat la modernisation des infrastructures, la transition énergétique et la sécurité hydrique. Des priorités qui, désormais, doivent franchir l’étape décisive du financement.
Depuis plusieurs années, l’Afrique du Sud affiche une volonté claire de s’engager sur la voie d’une économie plus respectueuse de l’environnement. Mais cette ambition se heurte à des réalités bien connues : pénuries d’électricité, pression sur les ressources en eau, logistique fragilisée.
AGES 2026 entend précisément combler ce fossé entre promesses et réalisations. L’objectif est simple : faire émerger des projets « bancables », capables d’attirer des capitaux privés, tout en répondant aux besoins énergétiques d’une population jeune et en pleine croissance.
James Vos, responsable municipal au Cap chargé de la croissance économique, résume l’enjeu : l’Afrique doit répondre à la demande énergétique tout en faisant face aux effets du changement climatique. Autrement dit, la transition verte n’est plus un choix idéologique, mais une nécessité économique.
Le budget, pièce maîtresse de la transition
Le discours budgétaire attendu le 25 février constitue un tournant. Les participants au Sommet examineront de près les arbitrages financiers du gouvernement : quelle part sera consacrée aux infrastructures durables ? Quels mécanismes pour rassurer les investisseurs privés ?
La question est stratégique. Sans cadre budgétaire solide, la transition verte risque de rester un slogan. À l’inverse, des incitations claires pourraient accélérer la construction de centrales d’énergies renouvelables, moderniser les réseaux d’eau et soutenir l’industrialisation verte.
Shameela Soobramoney, à la tête de la National Business Initiative, rappelle une évidence souvent oubliée : croissance économique et protection de l’environnement sont liées. Pour elle, la compétitivité future dépendra de cette articulation.
Le Cap-Occidental, laboratoire de l’économie verte
Dans la province du Cap-Occidental, l’heure est déjà à l’offensive. L’agence de promotion Wesgro mise sur l’exportation d’énergies propres et sur l’industrie manufacturière verte pour positionner la région comme un pôle d’innovation à l’échelle mondiale.
Cette dynamique régionale illustre une tendance continentale plus large : plusieurs territoires africains cherchent à devenir des hubs d’investissements verts, conscients que la transition énergétique peut générer emplois, exportations et attractivité internationale.
Une ambition continentale soutenue par des partenaires internationaux
Organisé sous l’égide de l’Union africaine, AGES 2026 bénéficie de l’appui d’Affaires mondiales Canada et de l’Institut mondial pour la croissance verte. L’objectif : accélérer le financement climatique, réduire les émissions de carbone et renforcer la protection des écosystèmes.
Le sommet peut également compter sur des acteurs financiers majeurs. Sanlam Investments en est le sponsor principal, tandis que Standard Bank apporte son soutien en tant que sponsor or. Leur implication traduit le rôle croissant du secteur financier dans la transformation écologique du continent.
Une porte d’entrée stratégique pour l’Afrique
Au-delà des annonces, l’enjeu est clair : faire de l’Afrique du Sud une plateforme incontournable pour les investissements verts en Afrique. Le potentiel est immense, mais sa concrétisation dépendra d’une collaboration étroite entre pouvoirs publics, entreprises et partenaires internationaux.
AGES 2026 se veut ainsi plus qu’un forum de discussions. Il ambitionne d’être un accélérateur de projets concrets, capables de renforcer la résilience économique du pays et d’ouvrir une nouvelle phase de croissance inclusive.
Pour le continent, la transition verte pourrait devenir un levier de souveraineté économique. Reste à savoir si les décisions budgétaires à venir permettront de transformer l’essai.
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