Dans les rues poussiéreuses mais bouillonnantes d’Agoè-Nyivé 1, le nom de Kovi Adanbounou résonne encore comme celui d’un bâtisseur aux ambitions numériques. Quelques mois après le passage de témoin, sa successeure, Mme Aguze Akossiwa, hérite d’une commune aux attentes colossales. Entre espoir de modernité et crainte d’enlisement, les administrés de cette « cité-dortoir » devenue centre névralgique scrutent chaque geste de la nouvelle édile.
Le rêve à 14 milliards : une ambition en suspens ?
En février 2023, le conseil municipal marquait l’histoire locale en adoptant un Plan de Développement Communal (PDC) audacieux. L’objectif affiché : mobiliser plus de 14 milliards de FCFA sur cinq ans pour transformer Agoè-Nyivé 1 en une « Smart City ». Ce projet ne se limitait pas à des slogans publicitaires. Il prévoyait également des infrastructures concrètes comme un centre sportif moderne, un bloc de pédiatrie crucial pour la santé publique, et l’aménagement stratégique de la voie Assiyéyé-CCL.
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Si Kovi Adanbounou a pu inaugurer plusieurs chantiers avant son départ, l’essentiel du programme reste à bâtir. Aujourd’hui, les populations se demandent si les complexes industriels et commerciaux promis sortiront de terre. Car, au-delà du béton, c’est l’attractivité économique de la zone qui se joue. Mme Aguze Akossiwa, qui a déjà lancé une série de consultations locales, devra aussi prouver que ce rêve à 14 milliards n’était pas seulement celui de son prédécesseur.
La continuité de l’État : le test de confiance pour Aguze Akossiwa
La nouvelle maire se retrouve face à un défi de taille : rassurer les partenaires financiers. L’ancien maire avait réussi à séduire des opérateurs économiques locaux et des groupes financiers internationaux. Pour les habitants, la question n’est plus de savoir qui dirige, mais si la parole donnée par l’institution municipale sera respectée.
« Nous attendons de voir si l’assainissement du bassin de Houmbi reste une priorité ou si les dossiers dorment dans les tiroirs », confie un leader communautaire local. Le principe de continuité de l’action publique impose à Mme Aguze Akossiwa de reprendre le flambeau sans casser l’élan de modernisation. Le silence relatif de la nouvelle équipe sur ces projets structurants alimente les conversations dans les marchés et les bureaux, même si la maire a récemment promis de « maintenir le cap » lors d’une rencontre avec les associations de quartier.
Une gouvernance sous haute surveillance
Pour réussir son mandat, l’édile doit prouver qu’elle possède la même capacité de mobilisation que son prédécesseur. Les défis de drainage et de voirie urbaine ne peuvent attendre. Agoè-Nyivé 1 ne veut plus seulement être une banlieue où l’on dort, mais une ville intelligente où l’on produit et où l’on vit dignement. Le pari de la « Smart City » n’est pas qu’une question de technologie, c’est avant tout un contrat social entre la mairie et ses citoyens.
Vers un nouvel élan ou une rupture de style ?
Si le Plan de Développement Communal trace une route claire, la méthode Aguze Akossiwa reste encore à définir. La mairie saura-t-elle maintenir la confiance des bailleurs de fonds internationaux tout en répondant à l’urgence sociale de ses administrés ? Les prochains mois seront décisifs : ils diront si la « Smart City » d’Agoè-Nyivé 1 était l’ambition d’un homme ou celle, durable, d’une institution entière.
Entre héritage et innovation, Mme Aguze Akossiwa incarne désormais le contrat social d’une commune en quête de dignité urbaine. Comme un rituel civique, chaque décision sera scrutée : promesse tenue ou rêve suspendu.




