C’est une petite révolution dans l’univers des télécommunications togolaises. L’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) a annoncé, le 20 février dernier, une série de mesures destinées à renforcer les droits des consommateurs face aux opérateurs mobiles YAS Togo et Moov Africa Togo.
Conservation des forfaits non utilisés, facturation internet plus précise et prolongation de la durée de validité des cartes SIM : ces nouvelles règles entendent répondre à des plaintes récurrentes d’abonnés, souvent frustrés par la disparition jugée « rapide » de leurs unités ou de leurs données.
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Les forfaits non consommés désormais récupérables
Jusqu’ici, les abonnés perdaient définitivement leur forfait arrivé à expiration, même s’ils n’avaient pas utilisé toutes leurs minutes ou données. Désormais, ils peuvent récupérer leurs volumes non consommés à condition de souscrire à la même offre dans le délai de conservation fixé.
Ce délai est fixé à :
- 10 jours pour les forfaits dont la validité est inférieure ou égale à 10 jours ;
- 30 jours pour les forfaits valables plus de 10 jours.
Autre changement : lorsque plusieurs forfaits sont actifs en même temps, le système privilégiera celui dont la date d’expiration ou de conservation est la plus proche. L’objectif est d’éviter que des volumes soient perdus sans avoir été utilisés.
L’ARCEP du Togo : une facturation internet au plus près de la consommation réelle
Autre avancée notable : l’unité de décompte unique pour l’internet mobile devient l’octet, soit la plus petite unité de mesure des données numériques.
Concrètement, cela signifie que les volumes facturés correspondront exactement à la quantité de données réellement consommée. Cette exigence place le Togo parmi les pays les plus stricts de la sous-région en matière de transparence tarifaire.
Pour de nombreux utilisateurs, cette précision pourrait mettre fin au sentiment d’« épuisement anormal » des forfaits internet, souvent dénoncé sur les réseaux sociaux.
Cartes SIM : validité prolongée et règles concertées
Une carte SIM plus longtemps active – La durée avant qu’une carte SIM inutilisée ne devienne inactive passe de trois à six mois. Cette extension protège les abonnés qui n’utilisent pas régulièrement leur ligne, notamment ceux vivant à l’étranger ou disposant de plusieurs cartes. Tant que la carte reste active, le crédit présent sur le compte principal ne sera pas perdu.
Un processus concerté – L’ARCEP affirme que ces mesures résultent d’une concertation avec les opérateurs et trois associations de consommateurs : la Ligue des consommateurs du Togo (LCT), l’Association togolaise des consommateurs (ATC) et le Mouvement Martin Luther King (MMLK). L’autorité a mis en place des mécanismes de suivi pour garantir le respect effectif des nouvelles règles.
Vers une relation plus équilibrée ?
Au-delà des aspects techniques, cette décision traduit une volonté de renforcer la confiance entre opérateurs et usagers. Dans un pays où le téléphone mobile est devenu un outil central — pour communiquer, travailler, effectuer des transactions financières ou accéder à l’information — la clarté des offres est devenue un enjeu majeur.
En imposant davantage de transparence et en prolongeant la durée de vie des services, le régulateur cherche à instaurer une relation plus équilibrée entre les entreprises de télécommunications et leurs millions d’abonnés.
Reste désormais à observer l’application concrète de ces mesures et leur impact sur l’expérience quotidienne des consommateurs togolais.




