Daouda Soukpafolo rachète UNIWAX, géant du wax ivoirien

Une page importante s’écrit dans l’histoire industrielle de la Côte d’Ivoire et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest. Dans une…

Une page importante s’écrit dans l’histoire industrielle de la Côte d’Ivoire et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest. Dans une transaction stratégique passée sous silence médiatique, la Compagnie Ivoirienne de Coton S.A. (COIC), dirigée par l’homme d’affaires ivoirien Koné Daouda Soukpafolo, a acquis la participation majoritaire dans UNIWAX S.A., l’un des derniers « fleurons » du textile régional.

 

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Un retour à l’ancrage local d’un géant textile

Créé à la fin des années 1960, UNIWAX est l’un des rares fabricants industriels de pagne wax encore en activité en Afrique de l’Ouest, avec une usine historique située dans la zone industrielle de Yopougon à Abidjan. L’entreprise, longtemps associée au groupe néerlandais Vlisco, est également cotée à la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières).

L’accord, conclu ce 11 février 2026, marque ainsi le retour de la marque sous contrôle ivoirien, et s’inscrit dans une logique de création de valeur locale, de résilience industrielle et de développement stratégique.

 

Contexte financier : redressement avant le rachat

Ce rachat intervient après plusieurs années de difficultés financières pour UNIWAX, qui avait affiché des pertes significatives jusque-là. Toutefois, en 2025, l’entreprise a renoué avec la rentabilité : au troisième trimestre, le chiffre d’affaires avait progressé de 13 % par rapport à l’année précédente, et le groupe avait enregistré un bénéfice net d’environ 8,1 milliards de FCFA.

Cette amélioration s’est accompagnée d’une forte réaction des marchés : entre janvier et novembre 2025, l’action Uniwax à la BRVM a augmenté de plus de 267 %, traduisant un regain de confiance des investisseurs dans la capacité du groupe à se redresser.

Selon d’autres bilans récents, la société avait réussi à transformer ses pertes des exercices précédents et à afficher un bénéfice net au premier semestre 2025, même si certains résultats positifs provenaient de cessions d’actifs.

 

Modalités et accompagnement : continuité opérationnelle

Toutefois, les autorités n’ont pas rendu publiques les modalités financières exactes du rachat et elles doivent encore approuver le processus sur le plan réglementaire, mais les sources proches du dossier signalent que la direction d’Uniwax ainsi que le groupe Vlisco continueront à accompagner la marque pour assurer sa stabilité opérationnelle dans les mois à venir.

Pour la COIC, l’intégration d’Uniwax s’inscrit dans une stratégie industrielle intégrée : en rapprochant la fabrication de pagnes de la transformation locale du coton, l’objectif est de créer des synergies industrielles fortes et d’insuffler de nouvelles capacités d’investissement.

 

Un homme d’affaires influent à la manœuvre

Surnommé le « Roi du coton » ivoirien, Koné Daouda Soukpafolo est l’un des entrepreneurs les plus en vue du pays. Son groupe s’est d’abord construit autour de la filière cotonnière avant de s’étendre à l’agro-industrie, au transport et aux services financiers.

Selon les classements économiques, sa fortune est estimée à près de 92 milliards de FCFA (≈165 millions USD) ; ce qui le place parmi les 10 plus grandes fortunes de Côte d’Ivoire.

 

Vers une industrie textile africaine plus intégrée ?

Au-delà de l’importance de UNIWAX pour l’économie ivoirienne, ce rachat fait écho à des initiatives plus larges d’industrialisation du continent, encouragées par plusieurs États ouest-africains. L’opération pourrait ainsi devenir un cas d’école de montée en puissance de capitaux locaux dans une industrie longtemps marquée par la concurrence étrangère.

Pour les acteurs économiques, le défi reste de renforcer la compétitivité du textile africain face aux importations asiatiques à bas coût, tout en préservant l’authenticité et la valeur culturelle des produits locaux.

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