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Lomé accueille la 17ᵉ conférence des Présidents des Assemblées Francophones

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                                                Le rideau s’est levé, mercredi 8 avril, dans la capitale togolaise, sur la 17ᵉ conférence des présidents des Assemblées de la région Afrique de l’APF. Plus qu’une simple réunion protocolaire, ce rendez-vous de haut niveau positionne le Togo comme le pivot d’une réflexion approfondie sur la stabilité géopolitique et la souveraineté africaine.

 

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Un front uni contre les crises globales

Sous les dorures de la représentation nationale, l’ambiance est au sérieux. Le message porté par les délégations est clair : l’isolement n’est plus une option. Pour Hilarion Etong, président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), la coopération entre les élus constitue l’unique rempart face aux tempêtes contemporaines. Qu’il s’agisse de l’urgence climatique, des menaces sanitaires ou des fractures sociales, le patron de l’APF insiste sur le partage des « bonnes pratiques législatives » afin de porter la voix des peuples plus haut et plus fort.

La diversité des délégations venues du Bénin, de la Centrafrique, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Mauritanie, de la RDC, du Sénégal et du Tchad, ainsi que des représentants du Gabon et du Ghana, illustre la vitalité d’une francophonie parlementaire en quête de solutions face aux crises globales.

Ainsi, cette conférence traduit une volonté de faire de la diplomatie parlementaire un véritable instrument de résilience face aux crises contemporaines.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

Le Togo, laboratoire de l’influence interparlementaire

En accueillant cette session, qui s’achève demain, le Togo rappelle son statut de membre pionnier depuis 1967. Le professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale togolaise, a d’ailleurs martelé la nécessité de transformer cette plateforme. Loin d’être un simple club de discussion, l’APF doit, selon lui, devenir un véritable levier d’influence capable d’orienter les grandes mutations du continent, notamment face à l’irruption de l’intelligence artificielle et aux impératifs de sécurité.

De son côté, l’honorable Germaine Kouméalo Anaté a salué cette mobilisation exceptionnelle. Pour elle, l’enjeu dépasse les discours : il s’agit de bâtir un « parlementarisme de solutions », capable de répondre concrètement à la soif de prospérité des citoyens de l’espace francophone.

Les interventions des présidents d’Assemblées ont renforcé cette dynamique : Joseph Djogbénou (Bénin) a insisté sur la solidarité indissociable entre le Togo et le Bénin ; Simplice Sarandji (Centrafrique) a rappelé la contribution des Togolais à la MINUSCA et la création d’un groupe d’amitié interparlementaire ; Patrick Achi (Côte d’Ivoire) a souligné la densité des échanges politiques et économiques, avec plus de 190 milliards de francs CFA en 2025.

En effet, l’accueil de cette conférence par Lomé confirme la volonté du Togo de se positionner comme un hub parlementaire régional, où les débats dépassent le protocole pour devenir de véritables leviers d’action.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

La souveraineté au cœur des débats

L’agenda de ces quarante-huit heures est dense. Les élus planchent notamment sur :

  • l’actualité sécuritaire et électorale, un point crucial dans une zone marquée par des transitions parfois tumultueuses ;
  • la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique, avec en ligne de mire une réflexion sur le rôle des parlements dans l’équilibre géopolitique mondial ;
  • la souveraineté économique, une thématique chère au Togo qui, sous la vision de Faure Essozimna Gnassingbé, prône un renforcement des institutions pour garantir une paix durable.

Les autres interventions ont élargi la portée des débats : Dansa Kourouma (Guinée) a évoqué une « communauté de destin » francophone ; Aimé Boji Sangara (RDC) a salué le rôle du Togo comme facilitateur dans le conflit RDC–Rwanda ; Mohamed Bamba Meguett (Mauritanie) a rappelé les défis sécuritaires et climatiques au Sahel ; Ali Kolotou Tchaïmi (Tchad) a souligné la solidarité historique entre les deux pays.

Or, ces thématiques ne sont pas abstraites : elles touchent directement les citoyens, qui attendent des parlements des réponses concrètes aux défis de sécurité, de prospérité et de stabilité.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

Le Parlement, dernier rempart ?

Ce sommet de Lomé intervient à un moment où la légitimité des institutions est parfois remise en question par les populations. En mettant l’accent sur la « diplomatie parlementaire », les dirigeants de l’APF tentent de démontrer que les lois ne sont pas que des textes, mais de véritables boucliers contre l’instabilité. Reste à savoir si ces résolutions seront suivies d’effets dans les politiques publiques nationales.

Finalement, cette conférence incarne une souveraineté parlementaire en construction, où Lomé devient le théâtre d’une Afrique francophone désireuse de peser davantage dans les décisions mondiales, en s’appuyant sur une solidarité historique et des partenariats économiques concrets.

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