SportAutres sports




Visite de Nigel Short au Togo : Quel avenir pour le jeu d’échecs ?

En visite à Lomé, le directeur du développement de la FIDE a salué le dynamisme de la Fédération Togolaise des…

En visite à Lomé, le directeur du développement de la FIDE a salué le dynamisme de la Fédération Togolaise des Échecs. Entre diplomatie sportive et ambition éducative, le Togo tente de transformer un loisir de niche en un véritable levier pédagogique national.

 

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Le silence studieux de l’Hôtel Lébénè a laissé place, cette semaine, au cliquetis méthodique des pièces de bois sur les échiquiers. Du 9 au 14 février 2026, Lomé est l’épicentre du jeu d’échecs en Afrique de l’Ouest, accueillant une figure légendaire de la discipline : le Grand Maître britannique Nigel David Short.

Cette visite de haut niveau, qui s’inscrit dans une tournée sous-régionale, dépasse le simple cadre protocolaire. Elle vient en effet valider une stratégie audacieuse portée par la Fédération Togolaise des Échecs (FTDE) depuis 2019 : faire du « noble jeu » un pilier du système éducatif togolais.

FTDE
© FTDE

La stratégie du pion : l’éducation par le jeu

Pour Nigel Short, l’avenir du jeu ne se joue pas seulement dans les clubs feutrés, mais dans les salles de classe. Ainsi, le directeur de la Fédération Internationale des Échecs (FIDE) a exprimé un soutien appuyé au Programme d’Introduction et de Vulgarisation du jeu d’échecs dans l’Éducation (PIVE).

L’argumentaire est scientifique autant que pédagogique. En République Démocratique du Congo, des études ont déjà démontré que la pratique des échecs facilite l’apprentissage des mathématiques et des sciences grâce à la rigueur logique qu’elle impose.

« Le jeu d’échecs apprend aux jeunes à prendre des décisions réfléchies et à anticiper des solutions face aux difficultés », souligne le Grand Maître, y voyant un remède efficace contre la distraction ambiante.

 

Un défi de masse pour le Togo

Malgré cette ambition, le chemin reste escarpé. Sur une population de plus de huit millions d’habitants, le Togo ne compte officiellement que 500 pratiquants, dont à peine 10 % ont déjà goûté à la compétition internationale.

Pour inverser la tendance, la FTDE, sous la direction de Me N’djellé Abby-Edah, mise sur une véritable politique de proximité, articulée autour de trois axes :

  • Formation des enseignants : des professeurs d’éducation physique sont initiés pour transmettre la discipline aux élèves.
  • Ciblage scolaire : chaque année, 1 000 élèves – dont 500 filles et 500 garçons – découvrent le jeu.
  • Matériel pédagogique : Distribution de manuels et d’échiquiers dans les établissements.

FTDE
© FTDE

Diplomatie et démonstration de force

Le séjour de Nigel Short a également été marqué par des échanges politiques intenses avec le Dr Abdul-Fahd Fofana, ministre délégué aux Sports, et M. Isaac Tchiakpé, ministre du Tourisme et de la Culture. Ces rencontres visent à ancrer durablement la discipline dans le paysage institutionnel togolais.

Sur le plan technique, le Grand Maître a fait étalage de son génie lors d’une séance de « simultanée ». Face à vingt joueurs locaux déterminés, l’expert international a réalisé un sans-faute, remportant toutes les parties, confirmant ainsi que si le talent est présent au Togo, le travail de concert avec la FIDE reste la clé pour voir, un jour, émerger un Grand Maître togolais.

Alors que Nigel Short quittera Lomé ce week-end après un dernier débriefing avec le comité exécutif de la FTDE, le message reste clair : le talent peut se trouver « dans le village le plus pauvre du Togo », à condition qu’on lui donne l’échiquier pour s’exprimer.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP