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L’Université de Lomé explore le potentiel stratégique de l’économie bleue au Togo

À Lomé, la mer n’est plus seulement un horizon géographique. Elle devient progressivement un axe stratégique de réflexion pour l’avenir…

À Lomé, la mer n’est plus seulement un horizon géographique. Elle devient progressivement un axe stratégique de réflexion pour l’avenir économique du pays. À l’occasion des Journées culturelles de l’Université de Lomé (JOCUL 2026), une conférence-débat consacrée à l’économie maritime a placé les enjeux de la « croissance bleue » au cœur des discussions académiques et institutionnelles.

Une réflexion universitaire tournée vers les défis économiques

Organisée par l’Institut des Métiers de la Mer (I2M), la rencontre s’est tenue le 12 mars 2026 dans la salle de conférences du CERViDA-Dounedon de l’Université de Lomé. L’initiative s’inscrit dans un contexte où les États côtiers d’Afrique de l’Ouest cherchent à mieux valoriser leur façade maritime pour stimuler la croissance et renforcer leur intégration dans les circuits commerciaux internationaux.

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Devant un public composé d’enseignants, d’étudiants et de professionnels du secteur maritime, plusieurs responsables universitaires et institutionnels ont pris part aux échanges. Parmi eux figurait notamment Komlan Batawila, premier vice-président de l’université, qui a salué une initiative permettant de rapprocher la recherche académique des réalités économiques du pays.

Selon lui, l’économie maritime représente aujourd’hui un champ d’opportunités encore largement sous-exploité, tant en matière d’innovation que de formation.

 

La mer, moteur discret de la croissance togolaise

Au fil des interventions, les participants ont insisté sur le rôle structurant du secteur maritime pour les économies côtières. Le transport maritime, la logistique portuaire, la pêche industrielle ou encore les services liés aux activités portuaires constituent autant de maillons d’une chaîne économique capable de générer emplois et investissements.

Dans ce dispositif, le Port autonome de Lomé occupe une position centrale. Considéré comme l’un des principaux hubs logistiques du golfe de Guinée, il joue un rôle déterminant dans l’approvisionnement de plusieurs pays enclavés de la sous-région.

Pour les experts présents, la consolidation de cette plateforme portuaire doit toutefois s’accompagner d’une montée en compétences des ressources humaines locales. Autrement dit, l’infrastructure ne peut produire tout son potentiel économique sans une main-d’œuvre qualifiée capable de répondre aux exigences techniques du secteur maritime.

Former les compétences de demain

C’est précisément sur ce point que l’université entend jouer un rôle stratégique. En mettant en avant les formations liées aux métiers de la mer, les responsables académiques souhaitent préparer une nouvelle génération de spécialistes capables d’accompagner l’évolution du secteur.

Cette approche repose sur une idée simple : la transformation de l’économie maritime ne se limite pas aux investissements portuaires ou aux infrastructures. Elle dépend aussi de la capacité des institutions d’enseignement supérieur à produire des compétences adaptées aux réalités du marché.

La conférence a ainsi servi de passerelle entre deux univers souvent cloisonnés : celui de la recherche universitaire et celui des acteurs économiques. Un dialogue que les organisateurs espèrent voir se multiplier afin d’ancrer davantage l’économie bleue dans les stratégies de développement du pays.

Une ambition nationale encore en construction

Au-delà du cadre académique, les discussions ont également souligné les perspectives qu’offre l’économie maritime pour le Togo. Dans un contexte régional marqué par la compétition entre ports et corridors logistiques, la valorisation durable des ressources marines apparaît comme un levier de diversification économique.

L’enjeu est donc double : renforcer la compétitivité du secteur portuaire tout en développant d’autres segments de l’économie bleue, tels que la pêche, la transformation des produits halieutiques ou les services maritimes.

En intégrant ce débat à ses activités, l’Université de Lomé affirme que le développement du Togo doit désormais compter sur son potentiel maritime.

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