Privés de sélectionneur depuis le départ de Nibombé Daré, les Éperviers du Togo sont à nouveau à la croisée des chemins. À Lomé, la Fédération togolaise de football (FTF) active ses réseaux et explore plusieurs profils pour relancer une sélection en quête de stabilité et de résultats. Parmi les noms qui circulent avec insistance, un revient comme un écho du passé : celui d’Hubert Velud.
Quinze ans après une aventure brutalement interrompue, le technicien français pourrait-il reprendre place sur le banc togolais ? L’hypothèse, encore officieuse, gagne du terrain à mesure que s’approchent les échéances continentales, notamment les éliminatoires de la CAN 2027.
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Un passé marqué par le drame de Cabinda
Hubert Velud n’est pas un inconnu au Togo. Nommé sélectionneur en 2009, il avait conduit les Éperviers à la CAN 2010 en Angola, avant que l’histoire ne bascule tragiquement. L’attaque armée contre le bus de la sélection togolaise à Cabinda, ayant coûté la vie à plusieurs membres de la délégation, avait provoqué le retrait du Togo de la compétition et mis un terme brutal à sa mission.
Depuis, le football togolais n’a jamais totalement refermé cette parenthèse. Le nom de Velud reste associé à une période interrompue, jamais réellement achevée sur le plan sportif. Pour certains observateurs, un éventuel retour aurait valeur de réparation symbolique, autant que de choix technique.
Un technicien aguerri du football africain
À 65 ans, Hubert Velud présente un profil rassurant pour une sélection en reconstruction. Passé par l’US Orléans, le CS Sfaxien, le Stade malien, la JS Kabylie, le Burkina Faso ou encore le Togo, le technicien français connaît en effet les réalités du football africain, ses contraintes logistiques comme ses exigences tactiques.
Son passage remarqué à la tête des Étalons du Burkina Faso (2019-2021), qu’il avait conduits à une demi-finale de CAN 2021 avant de quitter son poste pour raisons personnelles, renforce aussi sa crédibilité. Velud est perçu comme un entraîneur méthodique, pragmatique, capable de structurer un groupe sans céder aux pressions extra-sportives.
Un profil qui tranche avec les paris risqués souvent tentés par les fédérations africaines, entre entraîneurs locaux sous-exposés et techniciens étrangers sans connaissance du terrain.
Une sélection en quête de cap
Le départ de Nibombé Daré a laissé les Éperviers dans une zone d’incertitude. Si le Togo dispose d’un vivier intéressant — entre joueurs locaux et expatriés —, l’équipe peine à se doter d’un projet de jeu lisible et d’une continuité dans les résultats.
À l’approche des éliminatoires de la CAN 2027, le temps presse. La FTF doit trancher entre un choix de rupture ou un pari sur l’expérience. Dans ce contexte, Hubert Velud apparaît comme une option de transition solide, capable de remettre de l’ordre sans bouleverser l’écosystème existant.
Le retour du passé, ou un pari d’avenir ?
Rien n’est encore acté. D’autres pistes seraient également à l’étude, et la FTF se garde de tout commentaire officiel. Mais à Lomé comme dans les cercles du football africain, la simple évocation d’un retour de Velud réactive une question plus large : faut-il tourner définitivement la page de 2010, ou accepter d’en écrire enfin la suite ?
Si l’histoire devait reprendre là où elle s’était arrêtée, elle le ferait dans un contexte radicalement différent. Reste à savoir si la mémoire du passé peut devenir un levier pour l’avenir, ou si elle continuera de peser comme une ombre sur les ambitions des Éperviers.




