Frontière maritime : le Ghana saisit l’arbitrage international face au Togo

Lomé, 20 février 2026 – Un nouveau chapitre s’ouvre dans le dossier sensible de la frontière maritime entre le Ghana et…

Lomé, 20 février 2026 – Un nouveau chapitre s’ouvre dans le dossier sensible de la frontière maritime entre le Ghana et le Togo. Après plusieurs années de discussions sans issue, Accra a officiellement notifié à Lomé son intention de recourir à l’arbitrage international pour fixer la limite maritime entre les deux pays.

La décision, rendue publique par Felix Kwakye Ofosu, porte-parole du président ghanéen et ministre des Communications gouvernementales, s’appuie sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).

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Huit années de négociations infructueuses

Depuis près de huit ans, les deux États voisins tentaient de parvenir à un accord bilatéral sur le tracé exact de leur frontière maritime. Ces discussions visaient à clarifier les droits de chacun sur les espaces marins, notamment en matière d’exploitation des ressources naturelles.

Mais les échanges n’ont pas permis d’aboutir à un compromis. Dans ce contexte, le Ghana a choisi la voie juridique internationale, estimant qu’un arbitrage neutre permettrait de sortir de l’impasse.

 

Une zone stratégique du Golfe de Guinée

La question de la délimitation maritime dépasse le simple tracé sur une carte. Elle concerne une portion du Golfe de Guinée riche en ressources halieutiques et potentiellement en hydrocarbures.

Dans cette région, plusieurs pays ont déjà connu des différends similaires. Le Ghana lui-même avait porté un contentieux maritime contre la Côte d’Ivoire devant le Tribunal international du droit de la mer en 2014, un précédent qui éclaire la démarche actuelle d’Accra.

Pour le Togo, dont l’économie dépend en partie des activités portuaires et maritimes autour de Lomé, la clarification des limites marines représente également un enjeu stratégique.

 

Prévenir les tensions

Dans son communiqué, le gouvernement ghanéen affirme vouloir éviter toute escalade. Ces dernières années, des incidents ponctuels auraient alimenté des frictions entre certaines institutions des deux pays, sans toutefois dégénérer en crise ouverte.

En optant pour l’arbitrage prévu par la CNUDM, Accra met en avant une solution juridique plutôt qu’une confrontation diplomatique. L’objectif affiché est de préserver les bonnes relations entre deux nations liées par l’histoire, la proximité géographique et des échanges économiques soutenus.

 

Quels scénarios pour la suite ?

L’arbitrage international implique la constitution d’un tribunal ad hoc ou le recours à une juridiction compétente en matière de droit maritime. Les deux États devront présenter leurs arguments juridiques et techniques avant qu’une décision contraignante ne soit rendue.

Pour le Togo, cette procédure représente à la fois un défi et une opportunité. Un règlement clair et reconnu internationalement pourrait aussi stabiliser durablement les relations maritimes et sécuriser les investissements futurs.

Au-delà du cas spécifique ghanéen, cette évolution rappelle que les différends frontaliers en Afrique de l’Ouest se règlent de plus en plus par le droit international plutôt que par la force. Un signal important dans une région confrontée à de multiples défis sécuritaires.

Reste désormais à savoir comment Lomé réagira officiellement à cette initiative et quelle stratégie juridique sera adoptée par les autorités togolaises dans les mois à venir.

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