Le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a été reçu le 29 janvier par son homologue israélien Gideon Sa’ar. Au-delà du symbole religieux au Mur des Lamentations, cette visite scelle une alliance sécuritaire de plus en plus affirmée entre Lomé et l’État hébreu.
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Dans le jeu complexe des alliances diplomatiques entre l’Afrique de l’Ouest et le Proche-Orient, le Togo confirme sa position de partenaire privilégié d’Israël. Le jeudi, Robert Dussey a effectué une visite de travail remarquée à Jérusalem, où il a eu un échange avec son homologue Gideon Sa’ar.

Une « menace commune »
Gideon Sa’ar a d’abord profité de la rencontre pour exprimer la gratitude de son pays au président Faure Gnassingbé pour son soutien constant depuis les attaques du 7 octobre 2023. Mais l’ordre du jour était surtout tourné vers les défis sécuritaires actuels. Les deux hommes ont longuement discuté de la menace terroriste, dressant un parallèle explicite entre l’instabilité croissante au Sahel et les tensions au Moyen-Orient.
Pour Israël, cette visite est une tribune pour mobiliser contre son ennemi juré : Téhéran. « Le régime le plus dangereux du monde, l’Iran, ne doit pas se procurer l’arme la plus dangereuse du monde : la bombe nucléaire », a martelé M. Sa’ar devant son hôte togolais, cherchant à consolider un front international contre les ambitions atomiques de la République islamique.

Diplomatie de la foi au pied du Mur
Fidèle à son style alliant politique et spiritualité, Robert Dussey — ancien séminariste et docteur en philosophie — a marqué son passage par un geste fort. Il s’est rendu au Mur des Lamentations pour un temps de prière, relayant ensuite sur les réseaux sociaux une citation biblique issue du livre d’Isaïe :
« Sur tes murs, Jérusalem, j’ai placé des gardes ; ils ne se tairont ni jour ni nuit. Vous qui la rappelez au souvenir de l’Éternel, point de repos pour vous ! Et ne lui laissez aucun relâche, Jusqu’à ce qu’il rétablisse Jérusalem Et la rende glorieuse sur la terre. »
Cette dimension religieuse n’est pas accessoire. Elle résonne fortement au sein d’une partie de l’opinion publique togolaise et s’inscrit dans la stratégie de « diplomatie des valeurs » que Lomé cultive depuis plusieurs années. Le ministre a d’ailleurs qualifié le Togo et Israël de « pays frères », soulignant une « coopération bilatérale dynamique ».

L’intérêt stratégique de Lomé
En resserrant ses liens avec l’État hébreu, le Togo cherche à bénéficier de l’expertise israélienne en matière de haute technologie et, surtout, de renseignement militaire. Alors que des groupes djihadistes multiplient les incursions dans le nord du Togo, le soutien technique d’Israël en matière de surveillance et de lutte antiterroriste est un atout précieux pour Lomé.
Malgré les critiques régulières au sein des instances internationales sur la question palestinienne, le Togo maintient son cap, privilégiant une realpolitik qui place la sécurité nationale et l’innovation technologique au sommet de ses priorités bilatérales.




