Lomé, 16 janvier 2026 — La capitale togolaise confirme son statut de plaque tournante de la médiation africaine. Au lendemain d’un ballet diplomatique intense au Palais de la Présidence du Conseil, le Togo s’impose plus que jamais comme le pivot des efforts du continent pour éteindre l’incendie qui ravage l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).
En effet, hier, le Chef de l’État togolais, SE Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu une délégation exceptionnelle conduite par le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA), SE Mahmoud Ali Youssouf. Par ailleurs, cette rencontre marque un véritable tournant dans la mission de médiation confiée au président togolais par l’organisation panafricaine.
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Un « Panel de Sages » pour une paix durable
L’ampleur de la délégation dépêchée à Lomé témoigne de l’urgence de la situation. Le Président Mahmoud Ali Youssouf n’est pas venu seul ; il est accompagné d’un véritable « commando diplomatique » composé d’anciens chefs d’État dont l’expérience est inégalée sur le continent.
Ainsi, parmi les membres de ce Panel de facilitateurs présents au Palais Présidentiel, on retrouve :
- Olusegun Obasanjo (Nigéria) et Uhuru Kenyatta (Kenya), médiateurs historiques du continent ;
- Sahle-Work Zewde (Éthiopie) et Catherine Samba-Panza (Centrafrique), figures de proue de la diplomatie de paix ;
- Mokgweetsi Masisi (Botswana), dont la sagesse politique est unanimement reconnue.
En réunissant ces personnalités, l’Union Africaine entend donner un poids supplémentaire à la médiation dirigée par le Président Gnassingbé. Leur rôle ne se limite pas à des échanges symboliques : il s’agit d’engager des discussions au plus haut sommet, de restaurer la confiance entre les belligérants et d’harmoniser les différentes initiatives régionales pour aboutir, enfin, à une solution politique durable.

Lomé, capitale de la médiation africaine
En sa qualité de médiateur principal de l’UA pour l’Est de la RDC, Faure Gnassingbé a mené des consultations approfondies avec ses hôtes. Dans la continuité des efforts déjà engagés, cette mission vise à évaluer les progrès réalisés et à identifier les nouveaux leviers pour rétablir la sécurité et la stabilité dans une région meurtrie par des décennies de violences.
Dès leur arrivée à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma, le Ministre des Affaires étrangères, le Professeur Robert Dussey, a accueilli les émissaires de l’UA. Ce geste protocolaire, au-delà de la courtoisie, souligne également l’importance capitale que le Togo accorde à cette mission.
Vers une issue politique ?
Alors que les solutions purement militaires montrent leurs limites, l’UA parie sur cette médiation de haut niveau. De fait, l’expertise combinée de ces anciens dirigeants, sous la coordination du Togo, vise à créer un espace de dialogue sincère entre Kinshasa et les différents acteurs du conflit.
Le défi est immense. Néanmoins, la mobilisation liée à Lomé envoie un signal fort au reste du monde : l’Afrique prend sa responsabilité pour résoudre ses propres crises. Le chemin vers la paix dans le Kivu passe désormais, de manière incontournable, par les couloirs diplomatiques de Lomé.




