L’ancien gouverneur de Kaduna rattrapé par des aveux télévisés qui secouent Abuja
Au Nigéria, la scène politique est de nouveau sous tension. L’ancien gouverneur de l’État de Kaduna, MallamNasir El-Rufai, se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire qui pourrait redessiner les lignes de fracture au sommet de l’appareil sécuritaire fédéral.
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Le 13 février 2026, lors d’un entretien diffusé sur la chaîne privée Arise TV, l’ex-dirigeant aurait admis avoir joué un rôle dans l’interception non autorisée des communications du Conseiller national à la sécurité, Nuhu Ribadu. Des déclarations qui ont aussitôt déclenché une riposte judiciaire.
Saisie du dossier, la Haute Cour fédérale examine trois infractions distinctes retenues par le parquet :
la reconnaissance publique d’une interception illégale de communications ;
la non-dénonciation présumée des auteurs impliqués ;
l’utilisation d’équipements susceptibles de compromettre la sécurité nationale.
Ces charges s’appuient sur la Loi amendée sur la cybercriminalité de 2024 ainsi que sur la Loi nigériane sur les communications de 2003. Deux textes qui encadrent strictement l’usage des technologies de surveillance et la protection des infrastructures numériques stratégiques.
Au-delà du cas individuel, l’enjeu dépasse la personne d’El-Rufai. C’est la solidité des mécanismes de protection des communications gouvernementales qui est désormais questionnée.
Ancienne figure influente du paysage politique nigérian, El-Rufai n’est pas un acteur marginal. Son passage à la tête de Kaduna a été marqué par des réformes controversées et une posture souvent clivante. Aujourd’hui, cette affaire pourrait fragiliser davantage le climat politique déjà traversé par des rivalités internes.
À Abuja, certains observateurs y voient une bataille d’influence entre cercles sécuritaires. D’autres soulignent également que cette procédure pourrait devenir un test grandeur nature de l’indépendance judiciaire face aux élites politiques.
La sécurité numérique au cœur du débat
Dans un contexte régional marqué par la montée des cybermenaces et des campagnes de désinformation, la protection des communications stratégiques est devenue un enjeu central pour les États ouest-africains.
Si les faits reprochés sont établis, ils mettraient en lumière des failles graves dans le dispositif de sécurisation des échanges au plus haut niveau de l’État nigérian. À l’inverse, si la défense parvient à contester les accusations, l’affaire pourrait se transformer en affrontement politique aux répercussions durables.
Finalement, une chose est certaine : cette procédure, ouverte le 16 février 2026, dépasse le simple cadre judiciaire. Elle pose aussi une question fondamentale : celle de la confiance dans les institutions et dans la capacité de l’État à protéger ses propres communications.
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