Sous l’impulsion de la modernisation énergétique et de la gouvernance environnementale, le Port Autonome de Lomé (PAL) a lancé, fin janvier, sa stratégie de décarbonation. Entre compétitivité internationale et enjeux climatiques, la plateforme portuaire dessine son futur à l’horizon 2050.
Le Port de Lomé ne veut plus seulement être le leader du transbordement en Afrique de l’Ouest ; il veut désormais en être la référence écologique. Durant deux jours, les 29 et 30 janvier 2026, la capitale togolaise a accueilli un atelier de cadrage crucial, réunissant les forces vives du secteur maritime et environnemental afin de tracer les contours de la mutation énergétique du port.
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Un impératif de compétitivité durable
Pour la direction générale du PAL, représentée par son secrétaire général, M. Yentchabré Kombaté, cette transition répond aux exigences strictes de l’Organisation maritime internationale (OMI), qui vise la neutralité carbone d’ici 2050. En effet, dans un marché mondial de plus en plus exigeant en matière de critères écoresponsables, décarboner les activités portuaires est devenu un levier indispensable pour maintenir l’attractivité de Lomé face à ses concurrents régionaux.

Une feuille de route sur trois ans
Par ailleurs, l’élément central de cette rencontre a été la présentation du plan triennal 2026-2028. Ce programme ambitieux repose sur deux piliers majeurs :
- La modernisation énergétique : une transition massive vers les énergies renouvelables pour alimenter les infrastructures.
- Le renforcement de la gouvernance : une refonte institutionnelle afin de mieux surveiller et réduire l’empreinte carbone globale du site.
Comme le souligne M. Kudadje Kodjo, expert environnementaliste du port, cette transformation ne peut réussir que grâce à un « engagement collectif ». L’idée est de fédérer l’ensemble des acteurs — manutentionnaires, logisticiens et services publics — autour d’une vision commune.

Une coalition de partenaires au chevet du climat
Le projet bénéficie d’un soutien institutionnel et financier de poids. Outre les ministères des Transports, de l’Environnement et de l’Énergie, des partenaires internationaux tels que l’Agence française de développement (AFD) et la GIZ allemande accompagnent également le processus. Des entreprises spécialisées comme Inros Lackner ou Raach Solar apportent aussi leur expertise technique afin de transformer les toitures et les espaces portuaires en véritables centrales de production d’énergie propre.
Au-delà de l’aspect environnemental, le PAL mise également sur cette transition pour stimuler l’économie locale. L’adoption de technologies vertes devrait générer de nouveaux « emplois verts », faisant de la décarbonation un moteur de croissance sociale pour la jeunesse togolaise.




