RDC-Togo : Félix Tshisekedi à Lomé pour la paix dans l’Est

Alors que l’est de la République démocratique du Congo reste embrasé par les combats entre l'armée régulière et les rebelles…

Alors que l’est de la République démocratique du Congo reste embrasé par les combats entre l’armée régulière et les rebelles du M23, le président Félix Tshisekedi a choisi la voie diplomatique. Ce lundi 12 janvier 2026, il a atterri à Lomé, au Togo, pour une rencontre décisive avec Faure Gnassingbé. L’objectif : jeter les bases d’un sommet de la paix prévu dans cinq jours.

C’est une visite qui souligne l’urgence de la situation. Dans un climat de tensions extrêmes avec le Rwanda voisin, accusé par Kinshasa et plusieurs rapports de l’ONU de soutenir activement l’AFC/M23, le Chef de l’État congolais cherche des alliés stratégiques. Le choix de Lomé ne doit rien au hasard. Le président togolais, Faure Gnassingbé, s’est imposé comme un médiateur discret mais influent de l’Union africaine, capable de parler à toutes les parties au-delà des blocs régionaux traditionnels.

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Un prélude au sommet du 17 janvier

Les deux dirigeants se sont enfermés pour une séance de travail intense centrée sur un objectif unique : « comment ramener une paix véritable dans l’Est ». D’ailleurs, cet entretien en tête-à-tête sert de rampe de lancement au sommet de haut niveau qui se tiendra dans la capitale togolaise le 17 janvier prochain.

Par ailleurs, ce futur sommet s’annonce comme celui de la vérité. En coulisses, la pression monte. Des émissaires angolais — l’Angola étant le médiateur principal du processus de Luanda — multiplient les navettes entre Kinshasa, Kigali et Lomé pour harmoniser les positions. L’enjeu est d’obtenir un cessez-le-feu crédible et, surtout, de traiter la question épineuse de la présence des forces rwandaises sur le sol congolais.

 

Un calendrier politique sous haute tension

Cette offensive diplomatique intervient alors que l’agenda politique congolais est particulièrement chargé en ce mois de janvier 2026. Outre les questions militaires, Kinshasa doit gérer des dossiers intérieurs brûlants :

  • La question du dialogue : des voix s’élèvent, parfois sous pression internationale, pour tenter d’intégrer l’AFC/M23 dans un cadre de dialogue, une option que Kinshasa a longtemps rejetée, qualifiant le mouvement de groupe terroriste.
  • Le volet judiciaire : Le 29 janvier sera une date clé avec l’examen de la condamnation de l’ancien président Joseph Kabila, un dossier qui cristallise les tensions politiques internes.

À Lomé, Félix Tshisekedi joue une carte maîtresse. Face à l’enlisement des processus de Nairobi et de Luanda, le « canal togolais » pourrait offrir une nouvelle bouffée d’oxygène à une région meurtrie par des décennies de conflit. Pour les millions de déplacés du Kivu, l’espoir d’un retour à la normale dépend désormais de la capacité des dirigeants africains à transformer ces discussions de salon en actes concrets sur le terrain.

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