Le sifflet de la liberté a rétention, mais le plus dur commence maintenant : retrouver une place dans la société. Après la vaste grâce présidentielle accordée par le Président Faure Gnassingbé le 31 décembre dernier, le Togo lance un vaste chantier de réinsertion. Sur les 1 511 prisonniers ayant quitté les cellules, 535 bénéficient d’un accompagnement sur mesure pour transformer cet élargissement en une réussite durable.
Une main tendue pour briser le cycle de la récidive
Sortir de prison est une épreuve aussi complexe que d’y entrer. Sans ressources, sans emploi et souvent stigmatisés par leur entourage, de nombreux ex-détenus finissent par retomber dans la délinquance par pur instinct de survie. C’est précisément ce scénario que l’Association Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus (SMPDD) veut rayonner sur la carte.
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Sous l’impulsion de son président, Coco de Koffi Woenagnon , l’organisation a déployé un dispositif d’envergure nationale. L’objectif est clair : ne laisser personne sur le bord du chemin.
« Notre mission est de faciliter leur retour dans la société et d’éviter à tout prix la récidive », explique le responsable de la SMPDD.
Un déploiement stratégique dans les 14 prisons du pays
Pour que ce programme soit efficace, il ne pouvait se contenter d’une gestion administrative depuis Lomé. Des équipes de terrain ont sillonné les 14 centres pénitenciers du Togo. Leur mission consistait à identifier, parmi les bénéficiaires de la grâce, ceux qui manifestaient une réelle volonté de changement et qui présentaient aussi les profils les plus vulnérables ou les plus prometteurs pour une réintégration immédiate.
Ce tri sélectif ne vise pas à exclure, mais à prioriser les énergies. Sur les 1 511 libérés, ces 535 profils sélectionnés représentent en effet le premier contingent d’une expérimentation sociale de grande ampleur. Ils apportent ainsi un soutien qui va bien au-delà de la simple remise de documents administratifs.
Les piliers d’une réinsertion réussie
Le programme mis en place par la SMPDD repose sur une approche multidisciplinaire :
- Le soutien psychologique : pour aider les ex-détenus à surmonter le traumatisme de l’incarcération.
- L’orientation professionnelle : Identifier les compétences acquises ou à développer pour intégrer le marché du travail.
- La médiation familiale : Reconstruire les ponts avec les proches pour assurer un cadre de vie stable.
Un enjeu de sécurité nationale
Au-delà de l’aspect humanitaire, la réinsertion des anciens détenus est un impératif de sécurité publique. Un prisonnier qui réussit sa sortie est un citoyen qui contribue à l’économie nationale au lieu de peser sur le budget de la justice. Pour le gouvernement togolais, la réussite de ce programme est un test : elle doit également prouver que la clémence présidentielle peut s’accompagner d’une vision de développement social.
En somme, l’engagement de la SMPDD montre que la solidarité nationale est le moteur indispensable pour que la liberté retrouvée ne soit pas qu’un mirage de courte durée. En accompagnant ces 535 hommes et femmes, le Togo parie sur la capacité de l’individu à se réinventer, pour peu qu’on lui en donne les moyens.




