DAPAONG, 19 mars 2026 – C’est un coup de semonce qui résonne dans tout le nord du Togo. Alors que la région des Savanes panse déjà les drames de l’insécurité et de la fragilité économique, certains opérateurs ont choisi de parier sur la détresse sociale. Reportage sur une descente inopinée qui s’est transformée en opération « mains propres ».

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Le choc des chiffres : une inflation artificielle sur le ciment
Dans les rues de Dapaong, la tension était palpable ce mercredi. Le prix du ciment s’envole alors même que les chantiers de reconstruction sont vitaux pour la résilience de la région. Tandis que l’État a rigoureusement plafonné la tonne à 81 000 F CFA, la réalité du terrain affichait un tout autre visage.
Des commerçants, flairant l’opportunité d’un profit rapide, n’ont pas hésité à proposer la tonne entre 95 000 et 100 000 F CFA. Une marge illégale frôlant les 25 %, imposée à des familles déjà éprouvées par la précarité.

L’État sort les muscles : « Personne n’est au-dessus de la loi ».
Face à cette dérive, la réaction ne s’est pas fait attendre. En effet, le Gouverneur de la région, Affo Atcha-Dedji, a pris la tête d’une délégation de haut rang pour une inspection de terrain sans préavis. Accompagnée du Préfet de Tône et de la maire de Tône 1, l’autorité régionale a pu constater l’ampleur du désastre tarifaire.
« Nous ne tolérons pas que l’on s’enrichisse sur le dos des populations les plus vulnérables », tel est le message envoyé par cette intervention.
Sur le champ, la sanction est tombée comme un couperet :
- Fermeture immédiate des entrepôts incriminés.
- Mise sous scellés des stocks destinés à la spéculation.
- Avertissement formel à l’ensemble de la filière distribution.

Un enjeu qui dépasse la simple construction
Par ailleurs, cette fermeté s’explique par une réalité simple : dans les Savanes, le ciment n’est pas seulement un matériau, mais un véritable outil de stabilisation. En période de crise sécuritaire, la capacité des citoyens à bâtir et à investir dans leur habitat est un pilier de la cohésion sociale.
Cette hausse artificielle des prix n’est donc pas seulement une infraction commerciale : elle constitue une menace directe à la politique de résilience prônée par le gouvernement. En intervenant directement dans les magasins, le Directeur régional du commerce et ses équipes rétablissent un équilibre rompu par la cupidité.
Cependant, cette opération coup de poing marque-t-elle le début d’une surveillance permanente ? Tout porte à le croire. Les autorités ont réaffirmé leur détermination à traquer chaque centime de trop. Pour les habitants des Savanes, cette action est une bouffée d’oxygène, mais aussi un signe que l’administration reste le dernier rempart contre l’anarchie des prix.




