Le secteur énergétique libyen entre dans une nouvelle ère significative.Alors que le pays s’apprête à accueillir le Sommet Libyen sur l’Energie et l’Economie Summit (LEES) 2026, les majors mondiales comme TotalEnergies, Eni et ConocoPhillips réaffirment leur présence massive. L’enjeu est colossal : propulser la production nationale à 2 millions de barils par jour et stabiliser durablement l’économie du pays.
La Libye n’est plus seulement une promesse : elle redevient l’épicentre des convoitises et des investissements en Afrique du Nord. En effet, l’annonce de la participation au plus haut niveau de géants mondiaux au prochain sommet LEES 2026 marque la fin d’une ère d’incertitude et le début d’une phase de croissance agressive en amont.
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L’expertise locale et internationale au cœur de la stratégie
Le succès de cette relance repose sur un équilibre subtil entre forces locales et technologies étrangères. Assail Drilling Company, acteur national de premier plan, portera fièrement les couleurs libyennes en tant que sponsor « Diamond Plus ». Son rôle est vital : au-delà du forage technique sur les principaux gisements, l’entreprise investit massivement dans la formation de la main-d’œuvre locale et le respect des normes de sécurité internationales.
Mais c’est l’alignement des « majors » qui confère au pays sa stature de hub énergétique mondial. TotalEnergies, ConocoPhillips, Repsol, OMV et Eni ne se contentent pas de participer : ils déploient des capitaux se chiffrant en milliards d’euros, donnant à Tripoli une nouvelle crédibilité sur la scène internationale.
Des découvertes majeures et des records de production
L’année 2025 a déjà posé les jalons de cette réussite. La société autrichienne OMV a annoncé une découverte majeure dans le bassin de Syrte, avec des débits dépassant les 4 200 barils par jour. Parallèlement, l’espagnol Repsol a réussi l’exploit de faire franchir au champ d’El Sharara la barre des 300 000 barils par jour, une performance inédite depuis 2019.
Ces chiffres ne sont pas que des records techniques : ils traduisent également une dynamique nouvelle, porteuse d’emplois et de revenus pour une population en quête de stabilité.
Gaz et énergies vertes : une mutation profonde
Si le pétrole reste le roi, le sommet de 2026 mettra l’accent sur une diversification nécessaire. L’italien Eni fait figure de pionnier avec son projet offshore « Structures A&E » de 8 milliards de dollars. Ce chantier pharaonique vise non seulement à produire du gaz pour l’exportation et la consommation locale d’ici fin 2026, mais intègre également des technologies de captage et de stockage du carbone.
De son côté, TotalEnergies joue la carte de la « stratégie multi-énergies ». Tout en optimisant la production sur les concessions de Waha, la compagnie française explore des capacités solaires à grande échelle près de Misrata. Cette approche hybride répond aussi à un double impératif : augmenter les revenus de l’État tout en entamant la décarbonation du secteur.
Un cadre d’investissement renégocié
Pour sécuriser ces investissements de long terme, des discussions de haut niveau sont en cours entre la Compagnie Nationale de Pétrole (NOC) et des partenaires comme ConocoPhillips. L’objectif est d’établir des conditions fiscales compétitives afin de débloquer des projets d’envergure tels que Nord Gialo 6J.
Le message envoyé au monde depuis Tripoli est clair : la Libye est ouverte aux affaires, technologiquement prête et alignée sur les standards mondiaux. Le LEES 2026 sera également le théâtre où se signera l’avenir énergétique de la région.
Plus qu’un sommet : un nouveau départ
Au-delà des chiffres de production et des milliards d’investissements, le succès du LEES 2026 marquera avant tout le grand retour de la Libye sur l’échiquier diplomatique et économique mondial. En transformant son sous-sol en un laboratoire d’innovation mêlant hydrocarbures et énergies propres, le pays ne se contente plus de suivre la marche du monde : il s’apprête à redevenir le moteur énergétique d’une Afrique du Nord en pleine mutation.
Le rendez-vous de Tripoli n’est pas qu’un sommet, c’est le signal d’un nouveau départ — pour l’économie, pour la diplomatie, et pour une population qui aspire à voir les richesses nationales se traduire en prospérité partagée.




