Lomé, 25 février 2026 —Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et climatiques persistants, le Togo confirme son rôle de plateforme logistique majeure en Afrique de l’Ouest. À Lomé, le ministre togolais en charge de l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, a échangé ce mercredi avec le ministre de l’Agriculture du Niger, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, autour d’un enjeu crucial : garantir un approvisionnement sécurisé en engrais pour le Niger.
Au cœur des discussions, une opération logistique d’envergure : le transit de 20 000 tonnes d’intrants agricoles via les infrastructures portuaires togolaises. Une initiative qui, au-delà de l’aspect technique, illustre également une diplomatie économique assumée par Lomé.
L’engrais n’est pas une marchandise ordinaire. Il constitue un maillon essentiel de la productivité agricole et, par conséquent, de la sécurité alimentaire. Or, le Niger, confronté à des contraintes logistiques liées à son enclavement géographique, dépend fortement de corridors régionaux fiables pour ses importations stratégiques.
Ainsi, en facilitant l’acheminement de ces 20 000 tonnes d’intrants, le Togo ne se limite pas à offrir un appui technique. Il contribue directement à la stabilité alimentaire d’un pays frère, dans un contexte où la hausse des prix mondiaux et les perturbations des chaînes d’approvisionnement pèsent lourdement sur les économies sahéliennes.
Lomé, hub logistique régional
Le rôle du Port autonome de Lomé s’affirme une fois de plus comme stratégique. Seul port en eau profonde de la sous-région capable d’accueillir de très grands navires, il constitue une porte d’entrée privilégiée vers les pays enclavés comme le Niger, le Burkina Faso ou le Mali.
Sous les orientations du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le gouvernement togolais mise sur la modernisation continue des infrastructures portuaires et routières. L’objectif est de faire du Togo un corridor logistique incontournable en Afrique de l’Ouest.
Ainsi, cette opération d’acheminement d’engrais s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération régionale fondée sur l’efficacité des infrastructures et la fluidité du transit.
Au-delà des chiffres, le message politique est fort. En facilitant l’accès du Niger à des intrants agricoles essentiels, Lomé renforce les liens de coopération sud-sud. Cette dynamique s’inscrit dans une logique d’intégration régionale, où la complémentarité des économies devient un levier de résilience collective.
D’ailleurs, les observateurs nigériens ont salué cette initiative, y voyant un signal positif dans un environnement sous-régional parfois fragilisé par des tensions sécuritaires et économiques.
Une diplomatie économique en action
En définitive, cette rencontre à Lomé met en lumière un nouveau visage de la diplomatie africaine : pragmatique, orientée vers les résultats et centrée sur les besoins essentiels des populations.
Le transit de 20 000 tonnes d’engrais via le Togo n’est pas seulement une opération logistique. C’est aussi un acte politique fort, traduisant la volonté de faire des infrastructures nationales un outil au service de la solidarité régionale et du développement partagé.
Suivez l'information en direct sur notre chaîne
WHATSAPP