Ce mercredi 1ᵉʳ avril 2026, le quartier de Sagbado, en périphérie de Lomé, a été le théâtre d’une tragédie. Un pharmacien a trouvé la mort en tentant de sauver un menuisier électrocuté. Son acte de bravoure, fauché en quelques secondes par la puissance invisible de la moyenne tension, illustre un réflexe d’humanité transformé en drame absolu.
Le soleil était au zénith quand le destin de deux hommes a basculé sur un chantier ordinaire. Un menuisier, à l’œuvre sur la façade d’une habitation, manipulait une échelle métallique. Par une tragique inadvertance, l’aluminium est entré en contact avec les câbles de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET). La décharge foudroie l’artisan et le cloue à son outil de travail, suspendu entre la vie et la mort.
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L’instinct de secours au mépris du danger
Témoin de la détresse de l’ouvrier, un pharmacien du quartier n’a pas hésité une seconde. Animé par l’instinct de porter assistance, il s’est précipité vers l’échelle pour rompre le circuit mortel. Malheureusement, la physique est impitoyable : il saisit lui aussi le métal encore sous tension et s’électrocute instantanément.
Sous les yeux impuissants des passants, le sauveteur s’effondre et meurt sur le coup. Ce drame illustre la cruauté de la situation : il a voulu sauver une vie, mais il a perdu la sienne. À Sagbado, l’émotion est immense ; les voisins décrivent un homme respecté, fidèle à son engagement envers la vie jusqu’à son dernier geste.
Une question de sécurité sur les chantiers urbains
Au-delà de l’émotion, cet accident pose la question cruciale de la sécurité aux abords des lignes électriques. L’urbanisation rapide de Lomé multiplie les chantiers à proximité immédiate des réseaux à moyenne tension, créant des pièges mortels pour les travailleurs manuels.
L’intervention rapide des forces de l’ordre et des secours a permis de sécuriser le périmètre, évitant d’autres accidents. Cependant, même Si le menuisier, grièvement brûlé, a pu être évacué vers une unité de soins intensifs, le quartier pleure aujourd’hui un homme qui a payé le prix fort pour sa solidarité.
Le poids du deuil et de la prévention
Les services de secours ont transporté le corps du pharmacien à la morgue, laissant derrière lui une communauté sous le choc. Ce drame rappelle avec une dureté extrême que le courage, face à l’électricité, exige une prudence absolue : ne jamais toucher une victime ou un conducteur sans la certitude d’avoir coupé le courant.
Alors que l’enquête devra déterminer les responsabilités exactes dans l’organisation de ce chantier, le souvenir de ce « héros de Sagbado » restera gravé dans les mémoires locales. Son sacrifice plonge la banlieue de Lomé dans un silence pesant, rappelant que derrière chaque câble électrique se cache un danger que seul le strict respect des périmètres de sécurité peut neutraliser.
L’héroïsme face à la technique
En somme, ce fait tragique met en lumière la fragilité de la vie face aux infrastructures modernes. Le pharmacien de Sagbado n’était pas un technicien, mais un citoyen dont le cœur a parlé plus vite que la raison. Ce drame interpelle également la CEET et les autorités municipales sur la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation auprès des artisans du bâtiment, qui manipulent quotidiennement des matériaux conducteurs sous des lignes parfois trop proches des façades.




