La Cour d’appel militaire de Lomé a rendu, le 27 février 2026, une décision judiciaire lourde de sens dans l’un des procès les plus suivis ces dernières années au Togo. Elle a renforcé la peine de prison de l’ancien chef d’état-major général des Forces armées togolaises (FAT), le général Félix Abalo Kadangha, portant sa condamnation de 20 à 30 ans de réclusion criminelle. Cette sanction intervient dans le cadre de l’affaire de la mort du colonel Toussaint Bitala Madjoulba, retrouvé assassiné dans son bureau en mai 2020.
Une mort qui avait secoué le pays
Les circonstances entourant le décès du colonel Madjoulba avaient suscité émoi et interrogations au sein de l’opinion publique togolaise. Commandant du 1er Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), des officiers avaient découvert l’officier supérieur mort dans son bureau au camp militaire de Lomé dans la nuit du 3 au 4 mai 2020, quelques heures seulement après la cérémonie d’investiture du président de la République.
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Les autorités avaient diligenté une enquête judiciaire, mais les enquêteurs n’ont jamais identifié l’auteur direct du tir mortel. Néanmoins, la procédure a mis en cause plusieurs officiers et personnels liés aux Forces armées.
Un procès en appel sous haute tension
En première instance, lors du procès de 2023, les juges avaient condamné le général Kadangha à 20 ans de prison pour complot contre la sûreté de l’État, complicité d’assassinat et entrave à la justice, aux côtés de six autres coaccusés.
Cependant, le ministère public a interjeté appel, car il estime que les sanctions initiales ne reflétaient pas la gravité des faits. Devant la cour d’appel, les procureurs ont requis des peines allant jusqu’à 50 ans de détention, manifestant leur volonté d’apporter une réponse judiciaire ferme à ce crime qui a secoué le pays.
Dans leur plaidoirie, les avocats de la défense avaient quant à eux plaidé la relaxe, arguant d’un manque supposé de preuves directes et de vices de procédure dans l’instruction.
Kadangha: une aggravation des peines pour les co-accusés
Au total, plusieurs des co-accusés ont vu leurs peines alourdies. Selon les éléments disponibles, des peines supplémentaires de 5 à 10 ans de prison ont été ajoutées pour certains militaires et civils impliqués dans le dossier.
Ce renforcement des condamnations traduit la volonté de la Cour d’appel militaire de clarifier les responsabilités et d’envoyer un signal fort dans un dossier emblématique pour l’armée togolaise et l’appareil judiciaire militaire.
Une affaire aux implications politiques et sociales
Outre sa dimension judiciaire, ce procès a eu une forte résonance dans le débat public. L’assassinat du colonel Madjoulba, à l’époque commandant du bataillon d’élite du BIR, avait suscité des spéculations et des interrogations sur la gouvernance et la discipline au sein des forces armées togolaises.
Même si la culpabilité des accusés repose sur des charges juridiques et des interprétations des faits, le dossier Madjoulba demeure un moment marquant dans l’histoire récente du Togo, car il met en lumière les défis de transparence et de responsabilité dans les institutions nationales.
Vers une justice plus ferme ?
La décision de la Cour d’appel militaire pourrait marquer un tournant dans la manière dont la justice togolaise traite les affaires sensibles impliquant des membres de l’armée.
Dans un contexte où les citoyens doutent souvent de la fiabilité des institutions judiciaires, ce verdict rappelle que renforcer les sanctions peut répondre aux attentes de la société. Reste à savoir comment cette décision influencera la famille de la victime, les rangs de l’armée et l’opinion publique togolaise.




