Togo : les tenanciers de bars de plage demandent un moratoire avant l’expulsion

À quelques jours de l’échéance du 28 février 2026, date prévue pour le déguerpissement des bars et restaurants installés le…

À quelques jours de l’échéance du 28 février 2026, date prévue pour le déguerpissement des bars et restaurants installés le long de la plage de Lomé, les propriétaires de ces établissements multiplient les appels à la clémence des autorités. Réunis au sein de leur association, ils sollicitent un délai supplémentaire afin de mieux se conformer à la réglementation et d’éviter une fermeture brutale de leurs activités.

Cette mobilisation intervient dans un contexte où le gouvernement togolais veut restaurer l’ordre sur le domaine public maritime, un espace naturel et récréatif fortement fréquenté par les habitants de la capitale. Les plages de Lomé, qui s’étendent sur plusieurs kilomètres le long du golfe de Guinée, sont à la fois un lieu de loisirs populaire et une zone exposée aux pressions liées à l’urbanisation et à l’économie informelle.

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Entre informel et légalité : des emplois et des inquiétudes

Depuis 2022, les tenanciers de bars et de restaurants ont transformé une partie de la côte en véritable pôle d’activités, souvent sans titre légal d’occupation du domaine public. Selon leurs représentants, ce développement a permis de créer plus de 750 emplois, entre serveurs, cuisiniers, agents de sécurité et chauffeurs, contribuant à la subsistance de nombreuses familles.

« Nous ne refusons pas la décision de l’État, mais nous demandons simplement plus de temps pour nous organiser correctement », a déclaré le secrétaire général de l’Association des tenanciers de bars et restaurants (ATBR). Face à une éventuelle expulsion immédiate, il avertit que de nombreuses familles pourraient être plongées dans une grande précarité.

Les propriétaires évoquent notamment la nécessité de régler leurs dettes, de renégocier des prêts bancaires contractés pour l’aménagement de leurs espaces, et de trouver des solutions alternatives avant de quitter les lieux.

 

Le littoral, un espace public stratégique

La question de l’occupation des plages de Lomé dépasse le simple cadre des activités économiques. Ces espaces appartiennent au domaine public maritime, protégé par la loi, ce qui implique que toute construction ou exploitation commerciale doit faire l’objet d’autorisations spécifiques.

Or, selon plusieurs juristes, l’occupation illégale de ce secteur prive la population d’un accès libre à la mer et menace également la sécurité et l’environnement côtier. Dans d’autres pays, des jurisprudences similaires ont déjà sanctionné des établissements pour entrave à la libre circulation sur le front de mer, soulignant la nécessité de dégagements obligatoires sur une largeur minimale pour garantir l’accès du public à la plage.

Dans ce contexte, la mairie du Golfe 1 et les autorités centrales ont rappelé à plusieurs reprises que ces zones doivent rester accessibles à tous, conformément à la réglementation en vigueur.

 

Dialogue ou bras de fer imminent ?

Pour l’heure, les tenanciers espèrent un moratoire officiel jusqu’à décembre 2026, qui leur permettrait de poursuivre leurs activités tout en amorçant une transition ordonnée vers des sites autorisés.

Cette demande met en lumière un dilemme récurrent à Lomé : comment concilier la régulation de l’espace public et la préservation de moyens de subsistance pour des acteurs économiques qui ont investi dans l’informel ?

Alors que l’expulsion approche, les discussions entre associations professionnelles et pouvoirs publics pourraient s’intensifier. Plusieurs observateurs estiment qu’une solution consensuelle serait préférable à une évacuation brutale, susceptible de générer des tensions sociales et de perturber l’économie locale.

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