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Togo : 7 milliards disparus au Port de Lomé, le scandale Aquereburu

Un audit récent sur la gestion du Port Autonome de Lomé (PAL) soulève des questions brûlantes. Au centre du scandale…

Un audit récent sur la gestion du Port Autonome de Lomé (PAL) soulève des questions brûlantes. Au centre du scandale : plus de 7 milliards de F CFA qui auraient dû indemniser des propriétaires terriens, mais dont la trace s’arrête au cabinet d’une figure de la place notariale.

C’est un pavé dans la mare que vient de lancer l’audit du Port Autonome de Lomé (PAL), poumon de l’économie togolaise. Selon les documents consultés par nos confrères de L’Alternative, une somme colossale de 7,037 milliards de F CFA s’est « évaporée ». Ce montant, décaissé par le port pour dédommager les collectivités locales dont les terres ont été réquisitionnées, semble s’être volatilisé entre les mains de l’intermédiaire financier.

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Le cabinet Aquereburu sous le feu des projecteurs

Le rapport d’audit désigne nommément Me Sylvia Adjoa Hundt-Aquereburu. Première femme notaire du pays et figure respectée du monde des affaires à Lomé, elle était chargée de la redistribution de ces fonds aux familles propriétaires.

Le problème est que les auditeurs sont catégoriques : « Il n’existe à ce jour aucune preuve du versement des fonds décaissés aux collectivités en question. » Plus troublant encore, le contrat liant le cabinet de la notaire au Port de Lomé est resté introuvable lors des investigations. Cette absence de justificatifs expose désormais le PAL à des poursuites judiciaires massives de la part des propriétaires lésés.

Un audit sous haute tension

L’enquête révèle une ambiance délétère au sein de l’institution portuaire. Au-delà des 7 milliards disparus, les auditeurs dénoncent un climat de sabotage : vols de matériels informatiques appartenant aux enquêteurs, falsification de procès-verbaux et sous-facturation chronique.

Le rapport préconise désormais une vérification immédiate auprès de la notaire et des administrations concernées pour « tirer les conséquences juridiques et comptables ».

Zone de turbulences pour le pouvoir ?

Cette affaire tombe au plus mal pour l’exécutif togolais, qui a fait de la modernisation du PAL et de la lutte contre la corruption des piliers de sa stratégie de développement. Si la « créance » remonte à plusieurs années, sa révélation aujourd’hui fragilise aussi la crédibilité de la gestion des sociétés d’État. Reste désormais à savoir si la justice togolaise se saisira du dossier ou si elle classera ce énième scandale au rang des pertes sèches.

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