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Togo : débat tendu sur la prorogation de l’état d’urgence dans les Savanes

L’examen de la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes a donné lieu, ce 25 février 2026,…

L’examen de la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes a donné lieu, ce 25 février 2026, à un épisode révélateur des crispations politiques actuelles. Convoquée en commission pour analyser le texte, la députée Kafui Adjamagbo Johnson affirme avoir quitté la salle après deux heures d’attente, faute de représentants gouvernementaux présents pour éclairer les travaux.

Selon l’élue, aucun responsable n’aurait répondu à la convocation entre 10 h et 12 h, ni fourni d’explication officielle. Un incident qui soulève des questions sur la qualité du dialogue institutionnel dans un contexte sécuritaire déjà sensible.

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Un débat crucial pour la région des Savanes

La région des Savanes, au nord du pays, reste confrontée à des menaces sécuritaires persistantes. Depuis l’instauration de l’état d’urgence, les autorités justifient cette mesure par la nécessité de renforcer les capacités de défense et de prévenir les incursions armées.

Toutefois, chaque prorogation ravive un débat de fond : comment concilier impératif sécuritaire et respect des libertés publiques ?

Pour les populations directement exposées aux risques, la question dépasse le cadre politique. Elle touche à leur quotidien, à leur mobilité, et à leurs conditions de vie.

Une exigence de transparence

En quittant la commission, la députée a dénoncé ce qu’elle considère comme un manque de considération envers les représentants du peuple. Elle réclame des réponses claires sur deux points essentiels :

  • L’état d’urgence a-t-il été appliqué dans le strict respect des droits et libertés fondamentales ?
  • Les moyens mobilisés ont-ils permis une amélioration tangible de la situation sur le terrain ?

Ces interrogations s’inscrivent dans un débat plus large sur l’efficacité des dispositifs exceptionnels. En effet, si l’état d’urgence vise à renforcer la sécurité, son renouvellement successif appelle une évaluation rigoureuse et transparente.

Entre sécurité nationale et responsabilité démocratique

Le gouvernement défend la prorogation comme une réponse adaptée à une menace évolutive. Cependant, au sein de l’Assemblée nationale, plusieurs voix plaident pour un meilleur équilibre entre efficacité opérationnelle et contrôle parlementaire.

Dans toute démocratie, les mesures exceptionnelles exigent un encadrement strict. Par conséquent, le débat en plénière et le vote à venir s’annoncent déterminants. Ils permettront non seulement d’examiner le bien-fondé de la prorogation, mais aussi d’évaluer la qualité du dialogue entre l’exécutif et le législatif.

Une question de méthode autant que de fond

Au-delà du contenu du texte, l’incident en commission met en lumière un enjeu institutionnel : le respect des procédures et des élus. Une Assemblée efficace repose sur la circulation de l’information et la collaboration entre les pouvoirs.

Ainsi, la controverse actuelle ne porte pas uniquement sur la sécurité dans les Savanes. Elle interroge aussi la manière dont les décisions majeures sont débattues et expliquées aux représentants des citoyens.

Un vote décisif en perspective

Alors que la plénière doit prochainement se prononcer, l’attention se tourne vers les échanges à venir. La prorogation de l’état d’urgence sera examinée à l’aune de deux impératifs : protéger les populations et préserver l’État de droit.

Dans un contexte régional instable, le Togo cherche à maintenir un équilibre délicat. Reste à savoir si les réponses apportées satisferont les attentes des élus et des citoyens.

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