Au Togo, les mécanismes publics de soutien aux jeunes entrepreneurs entrent dans une nouvelle phase. Réunis en séance plénière le 5 mars 2026, les députés ont adopté à l’unanimité une réforme majeure : le transfert des missions du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) vers l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (ADTPME). Une décision qui vise à rendre plus efficace l’accompagnement des porteurs de projets et à renforcer l’impact des politiques publiques en faveur de l’emploi et de l’entrepreneuriat.
Le Parlement réorganise l’appui aux jeunes entrepreneurs.
À Lomé, la représentation nationale a franchi une nouvelle étape dans la réforme des dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat. En séance plénière le jeudi 5 mars 2026, les députés ont examiné puis adopté à l’unanimité un projet de loi réorganisant l’accompagnement des jeunes porteurs de projets.
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La séance, dirigée par le président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou, s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Gilbert Bawara, ministre chargé des Relations avec le Parlement, et Mazamesso Assih, ministre du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire.
Au cœur des discussions : la décision de transférer les missions, le personnel et les ressources du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) vers l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (ADTPME).
Le FAIEJ, un instrument pionnier de l’entrepreneuriat des jeunes
Créé en 2006, le FAIEJ avait pour mission d’accompagner les jeunes Togolais souhaitant se lancer dans une activité économique. Concrètement, le fonds proposait des formations, un appui technique et un accès facilité au financement pour les porteurs de projets.
Au fil des années, ce dispositif a en effet permis de soutenir plusieurs milliers d’initiatives entrepreneuriales à travers le pays.
Selon les données présentées devant les députés, près de 3,57 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour accompagner plus de 5 000 jeunes entrepreneurs, avec un taux de remboursement d’environ 61 %.
Toutefois, malgré ces résultats, les autorités ont estimé nécessaire d’améliorer la coordination des politiques publiques destinées aux petites entreprises.
Vers un guichet unique pour les très petites entreprises
La réforme adoptée par le Parlement s’inscrit dans cette logique de modernisation. Désormais, les programmes d’appui aux jeunes entrepreneurs seront centralisés au sein de l’ADTPME, une structure déjà chargée d’accompagner le développement des très petites, petites et moyennes entreprises.
L’objectif affiché est de simplifier l’accès aux services d’appui pour les entrepreneurs.
Grâce à ce système de guichet unique, les porteurs de projets devraient bénéficier d’un accompagnement plus cohérent, allant de la formation à la recherche de financement.
Les autorités espèrent également éviter les chevauchements entre programmes publics et renforcer l’efficacité de l’utilisation des ressources.
Les PME, colonne vertébrale de l’économie togolaise
Pour les parlementaires favorables à la réforme, l’enjeu dépasse largement la simple réorganisation administrative.
Selon Atcholi Aklesso, président du groupe parlementaire UNIR, les très petites et moyennes entreprises représentent une part essentielle du tissu économique national.
Ces structures, qui constituent plus de 80 % des entreprises du pays, jouent aussi un rôle déterminant dans la création d’emplois, l’innovation et la vitalité économique des territoires.
Dans ce contexte, améliorer les dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat apparaît comme une priorité pour stimuler la croissance et offrir des perspectives aux jeunes.
Une réforme tournée vers l’avenir
Du côté du gouvernement, la réforme est présentée comme une étape supplémentaire dans la transformation de l’économie togolaise.
Pour la ministre Mazamesso Assih, le transfert du FAIEJ vers l’ADTPME ne se limite pas à une réorganisation administrative. Il s’agit avant tout de renforcer les instruments publics destinés à soutenir l’initiative privée et l’emploi des jeunes.
La réforme doit également permettre une transition progressive, garantissant la continuité des activités du fonds et la préservation des emplois existants.
Construire un écosystème entrepreneurial plus solide
Pour le président de l’Assemblée nationale, cette évolution s’inscrit dans une vision portée par les autorités togolaises : celle d’un environnement entrepreneurial capable de soutenir durablement l’innovation et la création d’entreprises.
Dans un contexte marqué par une forte croissance démographique et un besoin accru d’emplois, le développement du secteur privé est un levier central du développement national.
Ainsi, en consolidant les structures d’accompagnement des entrepreneurs, les autorités espèrent encourager l’émergence d’une nouvelle génération d’entreprises capables de dynamiser l’économie locale.
Quels impacts pour les jeunes entrepreneurs ?
À court terme, les jeunes porteurs de projets devraient bénéficier d’un système d’appui plus structuré et mieux coordonné.
À moyen et long terme, les autorités misent sur la réforme pour :
faciliter l’accès au financement des jeunes entrepreneurs,
renforcer la formation et l’accompagnement des porteurs de projets,
soutenir la création d’emplois durables,
et favoriser l’émergence de PME compétitives.
Si ces objectifs sont atteints, cette réforme contribuera aussi à faire de l’entrepreneuriat l’un des moteurs de la transformation économique du Togo.
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