C’est une nouvelle victoire diplomatique pour Lomé sur la scène régionale. Le magistrat togolais Lodonou Kuami Gameli prend officiellement ses fonctions de président de la Cour de justice de l’Uemoa ce mercredi 11 février à Ouagadougou. Portrait d’un puriste du droit qui succède au Sénégalais Mahawa Sémou Diouf.
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Un passage de témoin
En effet, le fauteuil de président de la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) change de main. Élu par ses pairs en début de mois, le magistrat Lodonou Kuami Gameli est installé ce mercredi au siège de l’institution à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Il succède au Sénégalais Mahawa Sémou Diouf, dont le mandat s’est achevé, marquant ainsi le retour du Togo à une position de premier plan au sein des organes de l’Union. Par ailleurs, pour Lomé, cette élection n’est pas qu’une simple formalité administrative ; elle vient confirmer l’influence croissante des cadres togolais dans l’architecture juridique régionale.

Le profil : un technicien « hors hiérarchie »
À 67 ans, Kuami Gameli Lodonou affiche un CV qui rassure les chancelleries. Diplômé de la prestigieuse École nationale de la magistrature de Paris et titulaire d’une maîtrise en droit des affaires de l’ Université de Lomé, il incarne cette génération de juristes ouest-africains à cheval entre tradition continentale et exigences internationales.
Élu en 2021 juge à la Cour de justice de l’UEMOA, il avait auparavant exercé comme secrétaire exécutif de la Commission nationale de l’OHADA, où il a consolidé son expertise en harmonisation du droit des affaires. Magistrat hors hiérarchie, il occupe aujourd’hui le grade le plus élevé de la magistrature togolaise.
Les défis d’un mandat de trois ans
Le nouveau président arrive à un moment charnière pour l’intégration régionale. Créée en 1995, la Cour de justice joue le rôle de sentinelle de l’Union : elle veille à ce que le droit communautaire s’applique de la même manière à Lomé, Dakar ou Bamako.
« La stabilité et la prévisibilité juridique sont les deux piliers d’une intégration réussie », rappelle souvent l’institution.
Pendant son mandat de trois ans, Lodonou Kuami Gameli devra arbitrer les contentieux entre États membres et s’assurer aussi que les directives de l’Union ne restent pas lettre morte. Dans un contexte de réformes économiques profondes, les investisseurs scruteront de près sa présidence afin que la sécurité juridique demeure le principal critère d’attractivité de la zone.




