À Atakpamé, dans la région des Plateaux, une nouvelle étape s’ouvre dans la politique d’identification des citoyens au Togo. Réunis au Roc Hôtel, élus locaux, autorités administratives et acteurs communautaires ont officiellement lancé une campagne de mobilisation autour du projet WURI-Togo, un programme régional visant à doter les populations d’une identité unique et reconnue par l’État.
Cette rencontre marque le début d’une phase stratégique : préparer les communautés à l’enregistrement biométrique de masse et garantir que chaque citoyen comprenne les enjeux de cette initiative.
Une mobilisation locale pour préparer les populations
Dès l’ouverture de l’atelier, l’accent a été mis sur l’importance de la sensibilisation. Les représentants des quatre communes de la préfecture de l’Ogou – Ogou 1, Ogou 2, Ogou 3 et Ogou 4 – ont été conviés à renforcer la diffusion d’informations fiables afin d’éviter les incompréhensions et de favoriser l’adhésion des habitants.
Dans cette logique, le maire de la commune Ogou 1, le Dr Komlan Mensah Kassamada, a pris part aux travaux. Il a réaffirmé la volonté de sa municipalité d’accompagner l’opération sur le terrain, notamment en s’appuyant sur les relais communautaires, les leaders locaux et les organisations de base pour toucher les populations dans les quartiers et villages.
Par ailleurs, l’objectif est clair : instaurer un climat de confiance avant le démarrage de l’enregistrement biométrique et garantir une participation massive.
Le programme WURI (Identification Unique pour l’Intégration Régionale et l’Inclusion) s’inscrit dans une stratégie visant à améliorer l’accès des citoyens aux services essentiels.
Au Togo, le projet bénéficie d’un financement de 72 millions de dollars de la Banque mondiale, mobilisés sous forme de don et de crédit. Mis en vigueur en septembre 2020 pour une durée de six ans, il ambitionne en effet d’augmenter considérablement le nombre de personnes disposant d’une preuve d’identité officielle.
À terme, cette identité biométrique doit faciliter l’accès à plusieurs services publics et sociaux, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore des programmes d’aide sociale.
Un mécanisme de gestion des plaintes pour garantir la transparence
Conscientes que de tels projets peuvent susciter interrogations ou inquiétudes, les autorités ont également présenté un Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP).
Ce dispositif, conçu pour renforcer la transparence et la confiance, repose sur trois niveaux d’intervention :
un comité local de gestion des plaintes ;
un comité communal de gestion des plaintes ;
un comité national de gestion des plaintes.
L’atelier d’Atakpamé doit notamment permettre d’installer ces structures au niveau communal et de former leurs membres. Les participants apprendront également à recevoir, analyser et suivre les plaintes éventuelles liées au projet, afin de garantir une réponse rapide aux préoccupations des populations.
Les autorités appellent à une mobilisation collective.
Lors de la cérémonie d’ouverture, plusieurs interventions ont souligné la portée stratégique du projet.
Le Directeur général de l’Agence nationale d’identification (ANID) a présenté les différentes étapes du programme et son alignement avec les priorités nationales en matière d’inclusion sociale.
De son côté, le préfet de l’Ogou, Kodjo Agbéko Ekpe, représentant le gouverneur de la région des Plateaux, a exhorté les participants à devenir de véritables relais d’information auprès des populations. Il a également salué la vision des autorités togolaises visant à renforcer l’accès de tous les citoyens aux services publics grâce à l’identification.
Après les échanges techniques et une photo de famille, la première journée de travaux s’est achevée dans l’après-midi, laissant place à une deuxième phase consacrée à la formation des membres des comités de gestion des plaintes.
Dans les prochains jours, les communes de la préfecture de l’Ogou comptent multiplier les actions de proximité. Ainsi, l’objectif sera d’expliquer concrètement les avantages de l’identification biométrique et de rassurer les populations sur le processus.
Pour la commune Ogou 1, la priorité reste d’atteindre les zones rurales et les quartiers périphériques afin que chacun puisse bénéficier de cette nouvelle identité numérique.
Au-delà de l’enregistrement biométrique, les autorités locales espèrent ainsi poser les bases d’une identification inclusive, capable de faciliter l’accès des citoyens aux services publics et de renforcer leur participation à la vie administrative et économique du pays.
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