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Togo: Noélie Elykem déchire son passeport sur TikTok

Un direct TikTok où une artiste gospel déchire son passeport a mis le feu aux poudres. Au-delà du coup d’éclat…

Un direct TikTok où une artiste gospel déchire son passeport a mis le feu aux poudres. Au-delà du coup d’éclat numérique, l’acte de Noélie Elykem soulève des questions juridiques, politiques et éthiques fondamentales sur les formes modernes de contestation au sein de la diaspora.

Un geste théâtral, un passeport en lambeaux et quelques minutes de vidéo qui font basculer le débat public. Depuis les États-Unis, la chantre gospel togolaise Noélie Elykem a choisi la plateforme TikTok pour exprimer son indignation face à la gouvernance du président Faure Gnassingbé. En détruisant publiquement son document d’identité et en déclarant renier ses origines, l’artiste a déclenché une onde de choc au Togo ainsi que  dans la sous-région, divisant radicalement l’opinion.

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Le droit à l’épreuve du virtuel : Que vaut légalement la destruction d’un passeport ?

Sur le plan légal, la portée de cet acte reste quasi nulle. Le passeport, bien qu’attribué à un citoyen, demeure la propriété exclusive de l’État émetteur. Par ailleurs, la destruction volontaire d’un tel document officiel peut être sanctionnée par la loi, indépendamment de toute procédure relative à la nationalité. Elle ne vaut, en aucun cas, renonciation officielle à la nationalité. En droit togolais, la perte ou la déchéance de la nationalité obéit à des procédures juridiques strictement encadrées, bien loin des règles d’engagement des réseaux sociaux.

Symbole national contre régime politique : Une opinion publique profondément divisée

C’est sur le terrain politique et symbolique que la fracture est la plus nette. Pour une partie de la population et de la diaspora, ce geste incarne l’expression paroxystique d’un ras-le-bol face à une crise démocratique durable. Dans cette perspective, la destruction du document devient l’ultime moyen de faire entendre une voix étouffée.

À l’inverse, de nombreux analystes et citoyens condamnent fermement une confusion des genres. Si la critique d’un gouvernement relève de la liberté d’expression, s’en prendre aux attributs de la souveraineté nationale — le passeport, le drapeau ou l’hymne — est perçu comme une atteinte à la mémoire collective et à l’identité républicaine, qui préexistent aux régimes politiques.

La radicalisation de la protestation numérique au sein de la diaspora

Cet épisode illustre la mutation des modes d’engagement au sein des diasporas africaines. À l’ère des algorithmes, la recherche de visibilité pousse parfois à la surenchère spectaculaire. En transformant la colère citoyenne en performance visuelle, la protestation gagne certes en viralité, mais prend le risque de polariser le débat au détriment d’une réflexion politique structurée.

Geste de désespoir citoyen ou profanation des symboles de la Patrie : selon vous, la contestation politique autorise-t-elle à s’en prendre aux attributs de la Nation ?

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