À l’Université de Parakou, la recherche scientifique s’est penchée, ce jeudi 17 septembre 2026, sur l’avenir des territoires frontaliers. Dans le cadre du 8ᵉ Colloque scientifique international conjoint des Universités de Parakou et de Kara, chercheurs, universitaires et acteurs du développement ont ainsi examiné le rôle de la connaissance et de l’innovation dans le renforcement de la paix, de la cohésion sociale et du développement local.
Les travaux ont pris une orientation résolument pratique. Réunis à l’Amphi-1000, les participants ont en effet confronté les résultats de la recherche aux réalités auxquelles font face les communautés vivant dans les espaces frontaliers. Dès lors, trois communications ont structuré cette session plénière, proposant différentes pistes pour mieux répondre aux enjeux de ces territoires.
La première communication a porté sur le lien entre production scientifique et action de terrain. Le Dr Kratos Achille Sodegla, spécialiste en gestion des connaissances au Projet de Cohésion Sociale des régions Nord du Golfe de Guinée (COSO), a présenté une réflexion consacrée au passage de l’agenda scientifique vers un véritable programme de recherche.
À travers le thème « De l’agenda de recherche au programme de recherche COSO : un processus innovant qui renforce la cohésion sociale », il a ainsi montré l’intérêt d’organiser la recherche autour de problématiques directement liées aux objectifs du projet. De surcroît, cette approche place la connaissance au cœur des stratégies destinées à comprendre les tensions, identifier les besoins des populations et appuyer les initiatives favorisant la cohésion entre les communautés.
Dans le même temps, la deuxième intervention a élargi le débat à la question de la durabilité des territoires frontaliers. Le Dr Youssoufou Adam, directeur général de l’ABeGIEF et responsable de la composante 3 du Projet COSO, a développé le thème « Innover pour des territoires frontaliers durables ». Sa communication a ainsi mis en avant la contribution que peuvent apporter les universités africaines à la transformation de ces espaces.
Pour l’intervenant, la recherche et l’innovation peuvent en effet accompagner les politiques liées à la gouvernance, à la sécurité, à la paix et au développement. Par conséquent, les établissements universitaires ne se limitent pas à produire des connaissances : ils contribuent également à éclairer les décisions publiques et à concevoir des réponses adaptées aux réalités locales. Cette réflexion prend dès lors une importance particulière dans des zones où les enjeux économiques, sociaux, sécuritaires et environnementaux se croisent quotidiennement.
Par la suite, la troisième communication a présenté une solution directement orientée vers le développement local. Le Dr Adamou Mama Sambo, Haut-Commissaire à la sédentarisation des éleveurs et coordonnateur du Projet COSO, a ainsi consacré son intervention au « Portail de Développement Local », présenté comme une innovation majeure du projet en faveur des communautés.
Cet outil entend faciliter l’accès à l’information et soutenir les dynamiques locales de développement. De plus, son intégration aux stratégies territoriales traduit la volonté de rapprocher les initiatives de développement des besoins réels des populations. La présentation a également ouvert une réflexion sur la manière dont les outils innovants peuvent renforcer l’action communautaire et améliorer la capacité des territoires à faire face aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.
Au fil des échanges, les trois communications ont finalement convergé vers une même idée : les défis des zones frontalières nécessitent des réponses fondées sur une meilleure connaissance des réalités locales et sur une collaboration plus étroite entre universités, institutions publiques, projets de développement et communautés.
Dès lors, la recherche apparaît comme un levier pouvant aider à mieux anticiper les risques, renforcer le dialogue social et soutenir les politiques publiques. En outre, l’innovation facilite la circulation des connaissances et rapproche les solutions des populations. Les discussions de cette journée s’inscrivent ainsi dans l’objectif général de ce 8ᵉ colloque, consacré aux enjeux, défis et rôles des universités africaines dans la construction d’un avenir durable.
En somme, à Parakou, les travaux ont rappelé que la science ne doit pas uniquement observer les transformations des territoires, mais qu’elle peut aussi contribuer à les accompagner, à condition de rester connectée aux réalités des communautés et aux priorités du développement.
Suivez l'information en direct sur notre chaîne
WHATSAPP