Kara, 29 septembre 2026 — Un chantier hydraulique d’envergure vient de démarrer dans le nord du pays, avec la promesse de renverser un rapport longtemps défavorable aux habitants de la région : demain, trois ménages sur quatre disposeront d’eau potable, contre un seul aujourd’hui. Le lancement officiel des travaux s’est tenu en présence d’un large parterre d’autorités locales et nationales.
Un déséquilibre que les chiffres révèlent
La statistique, à elle seule, résume l’ampleur du retard accumulé. Dans une région où l’approvisionnement en eau reste un défi quotidien pour la majorité des foyers, le nouveau projet ambitionne de multiplier par trois le taux de couverture. Séna Alipui, ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, a présenté cet objectif comme la traduction concrète d’une demande sociale longtemps restée sans réponse : garantir la sécurité hydrique des populations de Kara et des localités environnantes.
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Au terme des travaux, près de 40 000 personnes bénéficieront d’un accès direct au réseau, tandis que les retombées indirectes — desserte élargie, dynamisation économique locale — profiteront à environ 200 000 habitants supplémentaires. L’enveloppe globale mobilisée s’élève à 27 milliards de francs CFA.
Le projet, en réalité, ne repose pas uniquement sur les ressources nationales. Il s’appuie sur un montage financier associant le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et la Banque islamique de développement, aux côtés de l’État togolais. Cette architecture illustre la solidité des relations que le Togo entretient avec ces institutions, habituées à soutenir des infrastructures structurantes sur le continent africain.
L’initiative s’inscrit, par ailleurs, dans un cadre national plus large : la feuille de route gouvernementale 2026-2031, qui place l’accès à l’eau potable parmi les priorités destinées à améliorer les conditions de vie des populations togolaises.
Devant les autorités réunies pour la cérémonie, le ministre délégué a salué le leadership du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dont le patronage a accompagné le lancement de l’initiative. Il a surtout insisté sur le suivi qui sera réservé aux travaux : le bureau de contrôle et les entreprises retenues pour la réalisation des ouvrages devront tenir leurs engagements de qualité et de délais, a-t-il prévenu, se disant personnellement disponible pour veiller à leur respect.
Cette vigilance affichée, du reste, n’est pas anodine dans une région où les grands chantiers d’infrastructure suscitent autant d’attentes que d’inquiétudes quant à leur bonne exécution.
La cérémonie a rassemblé un éventail représentatif des forces vives de la région : le gouverneur de la Kara, le général Adjitowu Komlan, le député Pissiyou Sami, la directrice générale de la Société de patrimoine Eau, Huguette Massan Avumadi, ainsi que le président du Conseil régional, Bakem Teba Balakinam. Préfets, maires, chefs traditionnels et responsables administratifs complétaient ce dispositif, signe que le projet est perçu comme un enjeu partagé bien au-delà des seules autorités sectorielles.
Pour les habitants de Kara, en définitive, l’enjeu se mesure à une échelle plus concrète : celle du robinet qui, demain, coulera enfin chez eux. Reste maintenant à transformer cette promesse en réalité : dans les mois à venir, chaque robinet qui coulera à Kara dira si le pari de l’État — tripler l’accès à l’eau potable — a tenu ses engagements.
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