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Mois du Consommer Local au Togo : la compétitivité au cœur de la 7ᵉ édition

 La septième édition du Mois du Consommer Local s’est ouverte à Lomé avec une ambition plus exigeante que l’ordinaire promotion…

 La septième édition du Mois du Consommer Local s’est ouverte à Lomé avec une ambition plus exigeante que l’ordinaire promotion des produits fabriqués au Togo. Les autorités et les représentants du secteur privé veulent désormais faire du marché intérieur un véritable tremplin pour la production, la transformation et l’exportation.

Lancée le 6 octobre 2026, la campagne se déroule durant tout le mois dans un contexte marqué par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, la hausse des prix et la nécessité, pour les économies africaines, de réduire leur dépendance à l’extérieur. Son thème — « Consommation locale, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique : défis et opportunités » — place directement la question de la compétitivité au centre du débat.

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Acheter local ne suffit plus

Le message porté lors de la cérémonie de lancement est limpide : un produit togolais ne peut pas compter uniquement sur la solidarité des consommateurs. Il doit convaincre par sa qualité, son prix, sa disponibilité et sa capacité à répondre durablement aux attentes du marché. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, Dr José Kwassi Symenouh, a défendu cette approche.

Selon lui, le patriotisme économique ne saurait remplacer les exigences auxquelles toute entreprise doit répondre pour fidéliser sa clientèle. Un acheteur compare la présentation, le coût, la régularité de l’approvisionnement, l’innovation et le service. Ces critères déterminent le choix final, qu’il s’agisse d’un aliment, d’un vêtement, d’un produit cosmétique ou d’un service.

« Consommer local » ne doit donc plus être présenté comme un geste de faveur envers les producteurs. Le produit fabriqué au Togo doit conquérir sa place par ses propres performances. Cette évolution marque un changement de discours : les entreprises ne demandent plus seulement de la visibilité, elles doivent aussi démontrer leur capacité à tenir face à la concurrence.

Six éditions, des progrès et des limites

Institué dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine en 2019, le Mois du Consommer Local a déjà connu six éditions au Togo. Les données communiquées lors du lancement font état d’une progression proche de 40% du chiffre d’affaires dans les secteurs de la cosmétique, de l’habillement et de l’agroalimentaire. Ces résultats montrent l’intérêt commercial de la campagne. Ils révèlent aussi les difficultés qui empêchent encore de nombreux produits togolais d’atteindre une clientèle plus large.

La traçabilité reste insuffisante pour certaines entreprises. Les normes, la certification, l’emballage, le prix et la continuité de l’offre posent également problème. Un produit peut attirer l’attention lors d’une exposition, mais perdre son avantage si le consommateur ne le retrouve pas régulièrement dans les points de vente.

Le défi consiste désormais à transformer la visibilité acquise pendant le mois d’octobre en relations commerciales durables. Les entreprises doivent améliorer leurs méthodes de production, sécuriser leurs approvisionnements et structurer leurs réseaux de distribution.

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Produire davantage, transformer sur place

Derrière la campagne de promotion se trouve une question plus large : quelle part de la valeur créée par les ressources togolaises reste réellement dans le pays ? Le Togo dispose de matières premières agricoles et de ressources susceptibles d’alimenter plusieurs filières industrielles. Pourtant, lorsque ces produits quittent le territoire à l’état brut, les étapes les plus rémunératrices — transformation, conditionnement, distribution et commercialisation — se déroulent souvent ailleurs.

Pour le Dr José Kwassi Symenouh, cette situation prive l’économie nationale d’emplois, de revenus et de compétences. Le développement des chaînes de valeur doit donc devenir une priorité. Transformer davantage au Togo permettrait de soutenir les producteurs, de stimuler l’industrie, d’élargir les débouchés professionnels et de renforcer les capacités des entreprises locales. Cette stratégie pourrait aussi réduire certaines importations et accroître la part des produits finis et semi-finis dans les exportations.

L’objectif ne consiste pas simplement à vendre davantage de matières premières. Il s’agit de construire une chaîne économique complète : produire, transformer, distribuer, consommer et, à terme, exporter.

L’État veut élargir les débouchés

Le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique a rappelé que la compétitivité des biens et services locaux constitue une condition essentielle de cette transformation. Le gouvernement prévoit d’accroître la production nationale, de soutenir la demande intérieure et de faciliter l’accès des entreprises togolaises aux marchés étrangers.

La stratégie nationale de promotion de la consommation locale s’inscrit dans cette orientation. Elle prévoit notamment le renforcement des capacités des acteurs, l’amélioration de l’offre, la réduction de certaines importations et la progression des exportations.

La commande publique représente un autre levier. Depuis 2020, une circulaire invite les administrations et les sociétés d’État à privilégier les biens et services d’origine locale dans leurs approvisionnements. Elle encourage également l’achat de produits alimentaires togolais pour les activités publiques.

Cette politique peut garantir des débouchés aux entreprises, mais elle ne dispense pas celles-ci d’améliorer leur qualité. Pour s’inscrire dans la durée, la préférence accordée aux produits nationaux doit accompagner une montée en gamme et non remplacer la concurrence.

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Le numérique au service de l’offre locale

Les autorités souhaitent aussi faciliter l’accès à l’information. La cérémonie a permis de présenter « Togo Gnim », une plateforme destinée à accroître la visibilité des biens et services togolais, ainsi que « Nam Asia », une application qui informe les consommateurs sur les prix des produits de grande consommation.

Nam Asia, mise à disposition par le ministère chargé du Commerce, permet notamment de consulter les prix communiqués pour différentes régions du pays et de recevoir des alertes lors de leur évolution.

Ces outils numériques peuvent aider les producteurs à mieux se faire connaître et les consommateurs à comparer les offres. Ils illustrent également la volonté d’utiliser les solutions conçues par de jeunes Togolais pour améliorer la transparence du marché et rapprocher les entreprises de leur clientèle.

Du marché intérieur à l’espace régional

Le gouvernement ne veut pas enfermer les entreprises togolaises dans les limites du marché national. La consommation locale doit leur servir de première étape avant l’accès aux marchés de l’UEMOA, de la Zone de libre-échange continentale africaine et d’autres espaces commerciaux.

Cette ambition exige toutefois une préparation rigoureuse. Pour vendre au-delà des frontières, les entreprises doivent respecter des normes communes, garantir des volumes suffisants, stabiliser leurs prix et assurer la livraison dans les délais. Le marché intérieur peut jouer le rôle de laboratoire. Il permet aux producteurs de tester leurs produits, d’écouter les consommateurs et de corriger leurs faiblesses avant d’affronter une concurrence régionale plus intense.

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Un mois pour préparer l’après-octobre

Le programme de cette septième édition prévoit des ateliers de formation, des visites d’entreprises et d’infrastructures, une conférence consacrée au thème officiel ainsi que des expositions-ventes à Lomé et dans les chefs-lieux des régions économiques. Ces activités doivent rapprocher les producteurs des acheteurs, mais aussi favoriser les échanges entre entreprises, administrations et distributeurs. Leur portée dépendra toutefois de leur prolongement après la clôture de la campagne.

Pour la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, octobre ne doit pas rester une parenthèse commerciale. Le mois doit accélérer les réformes, renforcer les capacités de production et créer des relations durables entre les entreprises et les marchés. Le véritable succès de cette édition ne se mesurera donc pas uniquement au nombre de visiteurs ou de produits exposés. Il dépendra de la capacité des acteurs à faire émerger des entreprises plus solides, des biens plus fiables et une offre suffisamment compétitive pour être choisie au Togo comme ailleurs.

L’équation résumée par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique reste simple : consommer davantage ce que le pays produit et produire davantage ce que les populations consomment. Pour la transformer en réalité, les pouvoirs publics, les entreprises et les consommateurs devront agir sur toute la chaîne, de la matière première jusqu’au produit exportable.

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