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SRMT 2027-2031 : le Togo veut accroître ses recettes sans pénaliser les entreprises

La deuxième réunion technique de concertation entre l’État et le secteur privé, tenue le 6 octobre 2026 à Lomé, a…

La deuxième réunion technique de concertation entre l’État et le secteur privé, tenue le 6 octobre 2026 à Lomé, a fixé une nouvelle orientation pour le financement du développement national. Les participants ont validé la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme 2027-2031, appelée à guider les réformes fiscales et douanières du pays.

Pour les citoyens togolais, quel est l’enjeu ? L’État veut accroître ses recettes, mais affirme vouloir éviter une hausse désordonnée de la pression fiscale. La réussite de cette stratégie dépendra donc de la capacité des pouvoirs publics à élargir les recettes, améliorer les services et instaurer davantage de confiance avec les contribuables.

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Une stratégie pour financer les priorités

La SRMT 2027-2031 doit servir de cadre aux réformes destinées à mobiliser davantage de ressources nationales. Le gouvernement veut notamment élargir l’assiette fiscale, moderniser le recouvrement et réduire les pertes liées aux exonérations. Les recettes fiscales devraient passer de 1 043,7 milliards de francs CFA en 2026 à 2 109 milliards en 2031. Cet objectif représente un effort important pour l’administration fiscale et douanière.

Les autorités assurent qu’il ne s’agit pas d’imposer davantage les mêmes contribuables, mais de mieux organiser la collecte. Cette nuance intéresse directement les ménages et les entreprises. Elle signifie que l’État pourrait chercher à intégrer davantage d’activités jusque-là peu ou pas imposées, tout en renforçant le contrôle et la digitalisation.

Pour le citoyen, le résultat attendu reste concret : davantage de recettes doivent permettre de financer les services publics, les infrastructures, l’éducation, la santé et les autres priorités nationales. Mais cette progression ne pourra être acceptée que si les contribuables constatent une utilisation rigoureuse et transparente de l’argent public.

Les entreprises demandent plus de sécurité

Le secteur privé a salué la régularité du dialogue avec le gouvernement. Le président du Conseil national du patronat, Laurent Coami Tamegnon, a notamment présenté comme une avancée la création de la Commission administrative de recours et de la Commission administrative de règlement des litiges douaniers.

Ces mécanismes doivent permettre aux entreprises de contester certaines décisions administratives ou douanières dans un cadre défini. La Commission administrative de règlement des litiges douaniers constitue notamment un premier recours pour les différends portant sur l’espèce, la valeur ou l’origine des marchandises.

Pour les opérateurs économiques, cette évolution peut réduire l’incertitude et améliorer la prévisibilité. Une entreprise investit plus facilement lorsqu’elle connaît les règles, les délais et les voies de recours en cas de désaccord avec l’administration.

Une administration plus accessible

Le gouvernement veut construire un environnement « business friendly », c’est-à-dire plus favorable à la création, à l’investissement et au développement des entreprises. Cette ambition suppose plusieurs changements : Des procédures plus flexibles, une fiscalité plus lisible, des décisions administratives mieux motivées et un recours accru aux services numériques. Elle exige également que les agents publics appliquent les règles avec constance et que les entreprises respectent leurs obligations.

Le message adressé aux deux parties est donc équilibré. L’État doit offrir plus de sécurité juridique et de stabilité. En retour, les entreprises doivent correctement déclarer leurs activités, payer leurs impôts et investir dans la création d’emplois.

Ministère des Finances et du Budget
© Ministère des Finances et du Budget
Les partenariats public-privé sous surveillance

La réunion a aussi abordé les partenariats public-privé. Le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, a rappelé qu’un PPP ne constitue ni un financement gratuit ni une solution automatique aux contraintes budgétaires. Un tel accord engage l’État sur plusieurs années. Il doit donc reposer sur une étude sérieuse, une répartition précise des responsabilités et une évaluation précise des risques.

Pour la population, cette prudence revêt une importance particulière. Les PPP peuvent accélérer la réalisation de routes, d’hôpitaux, d’écoles ou d’autres équipements. Mais un contrat mal préparé peut aussi alourdir les dépenses publiques et réduire les marges de manœuvre de l’État.

Une économie exposée aux crises extérieures

Les participants ont également examiné la conjoncture économique. Malgré sa résilience, l’économie togolaise reste vulnérable aux tensions internationales, notamment celles qui affectent les routes maritimes d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Ces crises peuvent perturber les importations, renchérir le transport et pousser les prix de l’énergie à la hausse. Le gouvernement a choisi de ne pas répercuter intégralement cette augmentation sur les consommateurs, suivant les orientations du président du Conseil.

Cette décision protège temporairement le pouvoir d’achat, mais elle entraîne aussi un coût pour les finances publiques. Elle renforce donc la nécessité de mobiliser des recettes suffisantes et de mieux contrôler les dépenses.

L’éducation au centre de la transformation

Le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a présenté la contribution attendue du secteur privé au développement du capital humain dans le cadre de la Feuille de route 2026-2031. Le secteur privé peut participer à la formation professionnelle, à l’apprentissage et à l’adaptation des compétences aux besoins des entreprises. Cette coopération doit aider les jeunes à accéder à des emplois correspondant davantage aux réalités du marché.

L’enseignement principal de la réunion tient en une équation : la Feuille de route fixe les priorités, la SRMT cherche les moyens de les financer et les PPP peuvent accélérer certains projets. Mais ces trois instruments ne produiront des résultats que si l’État et les entreprises construisent une relation fondée sur la transparence, la responsabilité et la confiance. La prochaine réunion de concertation État-secteur privé est annoncée pour décembre 2026.

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