Maurice : Démission de la ministre Véronique Leu-Govind

À Maurice, l’affaire est désormais politique avant même d’être judiciaire. Cinq jours après l’arrestation de son époux dans une enquête…

À Maurice, l’affaire est désormais politique avant même d’être judiciaire. Cinq jours après l’arrestation de son époux dans une enquête présumée de trafic de cannabis entre La Réunion et l’île Maurice, Véronique Leu-Govind a quitté, lundi 3 août, ses fonctions de ministre déléguée aux Arts et à la Culture. Elle a également abandonné la présidence des Nouveaux Démocrates.

La décision, prise d’un commun accord avec le Premier ministre Navin Ramgoolam, vise officiellement à éviter que les « perceptions » liées au dossier ne fragilisent le gouvernement et le parti. À ce stade, aucune charge personnelle n’est retenue contre l’ancienne ministre.

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Saisie record à La Réunion : une enquête judiciaire qui cible le domicile familial

Le dossier remonte au 26 juillet, lorsque près de 100 kilos de cannabis, évalués à environ 4,4 millions d’euros, ont été saisis à Bras-Panon, à La Réunion. Les investigations ont ensuite conduit les enquêteurs mauriciens à Case-Noyale, au domicile du couple. Une perquisition y a notamment permis de découvrir quatre plants de cannabis et une fiole de méthadone. Les enquêteurs ont également saisi le téléphone de Gulshan Govind et un véhicule enregistré au nom de son épouse. Ils auraient découvert dans ce véhicule des traces de matière végétale suspectée d’être du cannabis.

Arrêté le 31 juillet, Gulshan Govind, 42 ans, reste détenu. Il fait face à quatre accusations provisoires, notamment pour possession de drogue dangereuse, culture de cannabis et complot en vue d’une importation aggravée par le trafic.

La stratégie du gouvernement Ramgoolam pour éviter la crise politique

Véronique Leu-Govind, qui s’est présentée volontairement le 2 août devant la brigade antidrogue, doit être entendue de nouveau le 5 août avec son avocat. En parallèle, les investigations s’élargissent. La Financial Crimes Commission examine un possible volet de blanchiment d’argent concernant Gulshan Govind et sa famille. Une autre enquête porte sur leur patrimoine. La démission de la ministre ne met donc pas fin à l’affaire. Elle en déplace surtout le centre de gravité vers le terrain politique.

L’opposition accentue la pression et réclame sa démission de l’Assemblée nationale

Mardi 4 août, le chef de l’opposition, Joe Lesjongard, a demandé à l’Assemblée nationale que Véronique Leu-Govind renonce également à son mandat de députée de Savanne–Rivière-Noire. Cette nouvelle offensive s’ajoute à un précédent familial datant de 2023. Cette année-là, la justice avait condamné son frère Benjamin Leu à trois ans de prison après son arrestation à La Réunion dans une affaire de stupéfiants.

Face aux interrogations, Navin Ramgoolam promet qu’il n’y aura « jamais de cover-up », quelle que soit l’identité des personnes impliquées. Les autorités mauriciennes ont également demandé l’entraide judiciaire des autorités françaises à La Réunion. Le gouvernement mauricien cherche ainsi à limiter les conséquences politiques du dossier tout en laissant la justice poursuivre ses investigations. Pour l’heure, l’enquête continue et le gouvernement ne prévoit aucun remplacement immédiat au ministère délégué aux Arts et à la Culture.

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