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Travail domestique non rémunéré : à Saly, l’Afrique veut en mesurer la valeur

À Saly, le débat sur l’économie africaine s’est déplacé vers un territoire longtemps laissé hors des comptes : celui du…

À Saly, le débat sur l’économie africaine s’est déplacé vers un territoire longtemps laissé hors des comptes : celui du travail domestique non rémunéré. Du 28 au 30 juillet 2026, chercheurs, responsables publics, parlementaires, organisations de la société civile et partenaires internationaux ont confronté leurs expériences autour d’une question qui touche directement les politiques sociales et économiques : comment reconnaître la valeur du temps consacré aux soins et aux tâches domestiques lorsqu’aucun salaire ne vient le mesurer ?

La question a occupé une place centrale lors de la 4ᵉ Conférence NTA Africa, organisée à Saly autour du thème de l’« économie générationnelle et économie des soins au cœur des politiques publiques en Afrique ».

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Parmi les participants, l’ONG Cœur Solidaire Togo a conduit une délégation de dix représentants du Togo et du Bénin. Mais l’organisation n’est pas venue uniquement assister aux débats. Elle a voulu faire de cette rencontre un espace de travail régional.

Coeur Solidaire Togo
© Coeur Solidaire Togo
Compter le travail invisible : un enjeu d’égalité et de richesse nationale 

Préparer les repas, s’occuper des enfants, accompagner une personne âgée, entretenir le logement, assister un proche malade : ces activités structurent la vie quotidienne, mais restent souvent en marge des indicateurs classiques de richesse et de production.

Pourtant, elles libèrent du temps pour les personnes qui exercent une activité rémunérée et permettent aux ménages, aux communautés et aux économies de fonctionner.

C’est précisément ce paradoxe que les acteurs réunis à Saly ont cherché à mettre en lumière : une activité peut produire une valeur sociale et économique considérable sans apparaître comme un emploi.

Le sujet prend une dimension particulière lorsqu’il concerne les femmes, qui assument encore une part importante de ces responsabilités domestiques dans de nombreux contextes africains. La question ne relève donc pas uniquement de la vie familiale. Elle touche à l’emploi, à l’égalité, à la protection sociale, à la pauvreté et à la répartition des opportunités économiques.

Coeur Solidaire Togo
© Coeur Solidaire Togo
Du constat aux politiques publiques : L’engagement de l’ONG Cœur Solidaire au Togo et au Bénin 

La présence de Cœur Solidaire à Saly s’inscrit dans le cadre d’un projet consacré à l’élaboration de politiques fondées sur les données concernant le travail domestique non rémunéré au Togo et au Bénin. L’objectif consiste à faire entrer davantage de données et d’éléments mesurables dans un débat souvent réduit à des considérations sociales.

Mesurer le travail invisible devient ainsi une étape préalable pour mieux orienter les politiques publiques. C’est dans cette logique que la délégation togolaise et béninoise a participé aux échanges avec des chercheurs, des parlementaires, des cadres ministériels, des organisations de la société civile, des institutions internationales et des partenaires techniques et financiers.

Cette diversité d’acteurs a permis de croiser plusieurs approches : recherche, décision publique, action associative et financement du développement.

Coeur Solidaire Togo
© Coeur Solidaire Togo
La Déclaration de Saly : passer des débats académiques à des décisions concrètes 

Le moment le plus significatif de la participation de Cœur Solidaire s’est déroulé en marge de la conférence. L’ONG a organisé un atelier régional consacré au partage d’expériences sur l’économie des soins et le travail domestique non rémunéré. Les participants y ont confronté les réalités de différents pays et réfléchi aux moyens de mieux reconnaître cette contribution souvent absente des politiques économiques.

Les discussions ont abouti à la « Déclaration de Saly ». Ce texte rassemble des engagements et des recommandations destinés à différents acteurs afin de renforcer la reconnaissance et la valorisation du travail domestique non rémunéré en Afrique.

Son importance dépendra désormais moins de sa portée symbolique que de sa capacité à nourrir des décisions concrètes : production de données, intégration du sujet dans les politiques publiques et meilleure prise en compte de l’économie des soins dans les stratégies de développement.

Intégrer la valeur du temps dans la réflexion économique africaine 

Le débat de Saly pose finalement une question simple, mais lourde de conséquences : que vaut une économie si elle ignore une partie du travail qui lui permet de fonctionner ? Tant que les tâches domestiques et les activités de soins restent invisibles dans les politiques publiques, une partie de la contribution économique des ménages échappe à l’analyse.

Pour le Togo et le Bénin, l’enjeu consiste donc à transformer cette réalité quotidienne en données exploitables, puis en politiques capables de réduire les inégalités dans la répartition du temps et des responsabilités.

La rencontre de Saly aura au moins permis de faire franchir au sujet une étape : sortir le travail domestique non rémunéré de la sphère privée pour le placer au cœur de la réflexion sur les politiques publiques africaines. Cœur Solidaire entend poursuivre cette dynamique avec ses partenaires, notamment le CREG, PRB, L’AADEF Bénin et le CRDI.

Car reconnaître le travail invisible ne signifie pas seulement lui donner un nom. Il faut désormais le mesurer, l’intégrer aux politiques publiques et, surtout, agir sur les inégalités qu’il révèle.

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