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Basketball au Togo : vers une véritable industrie économique

Et si le prochain terrain de croissance du basketball togolais ne se trouvait pas seulement sur le parquet, mais aux…

Et si le prochain terrain de croissance du basketball togolais ne se trouvait pas seulement sur le parquet, mais aux alentours ? Infrastructures, publicité, médias, données, formation, restauration, événementiel : le sport commence à être envisagé comme une véritable industrie. Une vision défendue par le ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et de la Souveraineté économique, Dr Arthur Trimua, lors d’une rencontre consacrée au financement et à la professionnalisation du basketball au Togo.

Le ballon n’est plus le seul actif du basketball. Autour d’un match se dessine toute une économie : une salle à exploiter, des espaces publicitaires à commercialiser, des événements à organiser, des contenus à produire, des talents à former et des données à valoriser. C’est précisément ce changement de regard que le Togo cherche à amorcer.

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À l’occasion de la mission au Togo d’une délégation de NBA Africa et de la Basketball Africa League, une table ronde consacrée aux mécanismes innovants de financement et à la professionnalisation du basketball a permis de poser une question qui dépasse largement le cadre sportif : comment transformer une discipline en véritable activité économique ?

Dr. Arthur Trimua
© Dr. Arthur Trimua

Faire du sport une véritable entreprise : L’ambition des autorités togolaises

Invité par le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, Dr Abdul-Fahd Fofana, Arthur Trimua a placé l’investissement au centre de la réflexion. Son constat est simple : le sport ne peut plus être considéré uniquement comme une activité nécessitant des subventions ou du mécénat. Il peut aussi devenir un secteur capable d’attirer des capitaux, de créer des emplois et de faire émerger des métiers. Le basketball offre, à cet égard, un terrain particulièrement intéressant.

Parce que derrière les joueurs et les compétitions se cache une chaîne de valeur beaucoup plus large. Elle englobe les infrastructures, la formation, l’événementiel, la communication, les médias, la restauration, la publicité, la détection des talents, les services numériques et l’exploitation des données. Le véritable marché du basketball commence donc bien avant le coup d’envoi et se poursuit longtemps après le coup de sifflet final.

Dr. Arthur Trimua
© Dr. Arthur Trimua

De la salle d’entraînement à l’actif économique : repenser les infrastructures sportives

Pour Arthur Trimua, l’infrastructure sportive constitue l’un des premiers leviers à repenser. Une salle de basketball construite sans modèle économique risque de rester dépendante des financements publics. À l’inverse, une infrastructure conçue comme un espace multifonctionnel peut accueillir des compétitions, des spectacles, des activités commerciales, de la restauration ou encore des événements privés.

Le bâtiment cesse alors d’être une enceinte purement sportive. Il devient un actif économique. Cette logique ouvre également la porte à plusieurs mécanismes de financement. Le naming, qui consiste à associer le nom d’une entreprise à une enceinte ou à une compétition, la régie publicitaire, les partenariats de longue durée ou encore la valorisation des données peuvent contribuer à diversifier les revenus.

L’idée est de faire en sorte que l’infrastructure puisse générer elle-même une partie des ressources nécessaires à son fonctionnement et à son développement.

Sortir du modèle subvention-mécénat pour séduire les capitaux privés

C’est probablement le point le plus structurant de cette nouvelle approche. Pendant longtemps, le financement du sport a largement reposé sur l’intervention publique, les aides ponctuelles et le mécénat. Or, ce modèle montre ses limites dès lors que l’objectif devient celui d’une professionnalisation durable. Le défi consiste désormais à passer d’un sport financé à un sport capable de produire des revenus.

La nuance est importante. Il ne s’agit pas de supprimer l’accompagnement public, mais de créer les conditions dans lesquelles les capitaux privés peuvent trouver un intérêt économique à investir dans le secteur. Pour y parvenir, il faudra des infrastructures rentables, des compétitions attractives, des organisations professionnelles, des audiences mesurables et des mécanismes capables de transformer la popularité du sport en valeur économique.

Dr. Arthur Trimua
© Dr. Arthur Trimua

L’arrivée de NBA Africa : un catalyseur pour structurer la chaîne de valeur

La présence de NBA Africa et de la Basketball Africa League donne une dimension particulière à cette réflexion. Leur mission au Togo intervient alors que le pays cherche à mieux structurer son environnement sportif et à rapprocher le sport des politiques d’investissement. La question n’est donc plus seulement de savoir comment développer le basketball togolais sur le plan technique.

Elle consiste aussi à déterminer comment construire autour de ce sport un écosystème suffisamment solide pour intéresser les investisseurs. Cela suppose de professionnaliser les acteurs, d’améliorer la formation, de développer les infrastructures et de créer de nouvelles sources de revenus.

Mais également de mieux identifier les talents. Dans une industrie sportive moderne, la détection constitue elle-même une activité économique. Un jeune joueur correctement formé peut devenir un actif sportif, médiatique et commercial. Les données de performance peuvent, elles aussi, alimenter un marché de services et améliorer le recrutement, la préparation et le suivi des athlètes.

Le basketball togolais comme laboratoire d’une politique industrielle plus vaste

L’ambition affichée va cependant au-delà du basketball. Pour Arthur Trimua, cette réflexion doit servir de modèle à d’autres secteurs de l’économie togolaise. Le principe est le même : repérer un potentiel, identifier les différents maillons de la chaîne de valeur, puis créer les conditions permettant au secteur privé de financer son développement. Le basketball devient ainsi un laboratoire grandeur nature d’une politique plus vaste : transformer les potentiels économiques en filières structurées.

Si cette approche aboutit, le sport pourrait générer bien davantage que des performances et des trophées. Il pourrait créer des emplois dans la communication, le numérique, la restauration, la production audiovisuelle, l’événementiel, la construction, la formation et les services.

Le véritable enjeu se situe peut-être là. Pour le Togo, professionnaliser le basketball ne consiste plus uniquement à former de meilleurs joueurs. Il s’agit désormais de construire toute l’économie qui permettra à ces joueurs, à leurs clubs, aux infrastructures et aux entreprises qui gravitent autour d’eux de prospérer. Et sur ce terrain-là, le prochain match se jouera moins avec un ballon qu’avec des capitaux, des compétences et des modèles économiques.

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