EconomieAgriculture




Togo : Le ProSMAT vise 20 sites maraîchers pour booster l’agroécologie

LOMÉ, 31 juillet 2026 — Dans le maraîchage togolais, l’accès à l’eau peut décider de la réussite ou de l’échec…

LOMÉ, 31 juillet 2026 — Dans le maraîchage togolais, l’accès à l’eau peut décider de la réussite ou de l’échec d’une campagne. C’est donc autour de cette ressource stratégique que se joue désormais une partie du pari agroécologique engagé par la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP) à travers le ProSMAT.

Le projet devait initialement se concentrer sur cinq sites de production de dix hectares chacun. Les consultations avec les coopératives et les partenaires ont toutefois rebattu les cartes. Le dispositif pourrait désormais s’étendre à 20 sites maraîchers répartis à travers le pays.

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Ce changement d’échelle ne relève pas d’un simple ajustement administratif. Il répond à une demande plus importante des producteurs et, surtout, à une réalité persistante : sans maîtrise de l’eau, difficile de sécuriser durablement la production maraîchère.

CTOP TOGO
© CTOP TOGO

Le projet ProSMAT face à son premier obstacle : le coût.

Jeudi 30 juillet à Lomé, les acteurs réunis pour examiner les dossiers techniques ont été confrontés à une difficulté très concrète. Les premières études réalisées par le cabinet chargé de l’expertise ont fait apparaître des coûts d’aménagement supérieurs aux prévisions initiales. Le projet doit donc désormais composer avec une équation délicate : élargir le nombre de bénéficiaires sans compromettre la solidité financière de l’opération.

Les participants ont ainsi passé au crible les plans et les estimations afin de retenir, site par site, les solutions techniques jugées les plus adaptées. L’objectif n’est pas de réduire les ambitions du programme à tout prix. Il consiste plutôt à rechercher le meilleur équilibre entre les ressources disponibles, les besoins des producteurs et la qualité des ouvrages à réaliser.

De cinq sites à vingt : le virage de la demande paysanne

Le passage du scénario initial de cinq sites, soit 50 hectares, à un dispositif pouvant atteindre 20 sites constitue le principal tournant du projet. Cette évolution traduit d’abord la volonté d’atteindre davantage de maraîchers. Mais elle révèle aussi l’importance prise par la question de l’eau dans les stratégies de production agroécologique.

Pour les exploitations concernées, l’irrigation peut permettre de mieux maîtriser les cycles de production et de réduire la vulnérabilité face aux aléas climatiques. Elle devient ainsi un levier de sécurisation de l’activité agricole.

L’enjeu dépasse donc la construction de simples infrastructures hydrauliques : il s’agit de donner aux producteurs les moyens de rendre leur activité plus régulière et plus résiliente.

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© CTOP TOGO

Une expertise collective avant les premiers coups de pioche

L’atelier de Lomé a réuni près d’une trentaine d’acteurs issus de plusieurs composantes du secteur agricole. Responsables et techniciens de la CTOP, de la FENOMAT et des CROPPA des Savanes, de la Kara, de la Centrale, des Plateaux et de la Maritime ont confronté leurs analyses à celles des représentants des institutions publiques et des projets agricoles.

Le MAPRASA, l’ICAT, l’ATA, ProMIFA, PRIMA et le FSRP Togo figuraient également autour de la table. À leurs côtés, des universitaires, des organisations non gouvernementales et des partenaires techniques, notamment l’ESA, INADES Formation, AVSF et la FAO, ont apporté leur expertise.

Cette diversité répond à une nécessité : les infrastructures doivent être techniquement réalisables, financièrement soutenables et compatibles avec les exigences environnementales.

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Le chantier entre dans sa phase décisive

Après les travaux en groupes et les échanges en plénière, les participants ont validé les plans et les devis révisés. Cette étape ouvre désormais la voie à la préparation des Dossiers d’Appel d’Offres ou de Demande de Cotation (DAO/DAC). C’est le passage obligé avant la sélection des entreprises et le démarrage des travaux de construction et d’équipement.

Le projet quitte ainsi progressivement le terrain des études pour se rapprocher de celui des réalisations. Mais la prochaine étape sera déterminante. Il faudra transformer les plans validés en ouvrages opérationnels, puis faire en sorte que ces installations répondent effectivement aux besoins des maraîchers.

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L’agroécologie confrontée à l’épreuve du terrain

À travers le ProSMAT, la CTOP cherche à promouvoir un modèle de maraîchage qui associe production agricole, pratiques agroécologiques et meilleure maîtrise des ressources.

Le financement du projet provient du Global Agriculture and Food Security Program (GAFSP), via le Fonds international de développement agricole (FIDA).

La trajectoire désormais dessinée est ambitieuse : multiplier les sites, toucher davantage de producteurs et améliorer l’accès à l’irrigation. Mais l’élargissement du projet accroît mécaniquement les exigences en matière de financement, de conception technique, de construction et de suivi.

C’est là que se trouve le véritable test du ProSMAT : réussir à passer de l’ambition nationale à des sites réellement fonctionnels, où l’eau, les équipements et les pratiques agroécologiques se conjuguent pour sécuriser la production.

À Lomé, le 30 juillet, les acteurs n’ont donc pas seulement validé des plans et des devis. Ils ont arrêté les paramètres d’un chantier appelé à prendre une dimension plus large que prévu.

De cinq sites initialement envisagés à jusqu’à vingt, le pari togolais sur le maraîchage agroécologique entre désormais dans une nouvelle phase : celle où les études devront laisser place aux infrastructures, et les ambitions aux résultats dans les champs.

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