La première session de la Commission mixte intergouvernementale togolo-russe, organisée du 29 septembre au 1ᵉʳ octobre 2026 à Lomé, ouvre une nouvelle phase dans les relations entre les deux pays. Les discussions ont porté sur plusieurs domaines stratégiques, notamment les mines, l’énergie, l’agriculture, les transports, l’éducation, la science et les technologies.
Deux documents pour renforcer le partenariat
Pendant trois jours, des experts et des responsables gouvernementaux des deux pays ont examiné les moyens de donner un contenu plus concret à leur coopération bilatérale. Les travaux se sont achevés par la signature d’un procès-verbal de coopération ainsi que d’un mémorandum consacré au patrimoine culturel. D’autres initiatives conjointes ont également été préparées dans les secteurs de la science et de l’éducation.
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Les deux délégations ont par ailleurs recensé plusieurs projets d’accords à finaliser. Ces textes devraient concerner la protection des investissements, la coopération douanière, le commerce, l’agriculture, l’énergie, la culture, l’emploi, les transports, les technologies de l’information et l’innovation.
Des ambitions dans les mines et l’énergie
Le secteur minier a figuré parmi les priorités affichées par Lomé et Moscou. Les deux parties envisagent notamment de renforcer l’expertise géologique et de recourir davantage aux technologies modernes dans l’exploration et l’exploitation des ressources.
L’énergie occupe également une place centrale dans les discussions. Le Togo et la Russie souhaitent étudier la création d’un corridor énergétique reliant Lomé à la région du Sahel, notamment à partir du gaz naturel liquéfié. Ce projet devrait être examiné en concertation avec les pays de la Confédération des États du Sahel.
La coopération pourrait aussi porter sur l’hydroélectricité, la production locale d’électricité, l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Ces domaines répondent à des besoins essentiels pour développer les infrastructures togolaises.
Commerce, industrie et transports
Les entreprises des deux pays pourraient nouer des partenariats dans la métallurgie, l’industrie minière, les équipements énergétiques, les infrastructures sanitaires et la fabrication de véhicules industriels.
Les chambres de commerce togolaise et russe devraient jouer un rôle de liaison entre les opérateurs économiques. Elles pourront faciliter les échanges, identifier des projets communs et accompagner les entreprises intéressées par les marchés des deux pays.
Dans le domaine des transports, les délégations ont évoqué la mise en place d’un itinéraire logistique reliant la Russie à l’Afrique de l’Ouest. Le projet pourrait associer le transport maritime et ferroviaire, la gestion des flux, la digitalisation des infrastructures et le développement de solutions logistiques adaptées.
Lomé et Moscou souhaitent accroître leurs échanges de produits agricoles, de denrées alimentaires et d’engrais. Leur coopération pourrait également s’étendre à la mécanisation agricole, à l’irrigation, à l’élevage et à la recherche. Les deux pays envisagent par ailleurs la création de pôles agro-industriels. Ils étudieront aussi la possibilité d’installer au Togo des unités de mélange ou de production d’engrais à partir de ressources phosphatées.
Cette orientation pourrait soutenir la transformation locale des matières premières et contribuer à améliorer l’accès des agriculteurs aux intrants.
Les universités et l’innovation sollicitées
La Russie a confirmé sa disponibilité à poursuivre l’attribution de bourses aux étudiants togolais. Moscou pourrait même relever progressivement le quota accordé au Togo. Les deux parties souhaitent également multiplier les partenariats entre établissements universitaires, favoriser la mobilité des étudiants et des enseignants, puis développer des programmes communs de recherche.
Les discussions ont aussi porté sur l’innovation, l’entrepreneuriat technologique et la création d’infrastructures destinées à accompagner les jeunes entreprises. Dans ce cadre, l’Université de Lomé pourrait renforcer ses liens avec plusieurs institutions scientifiques russes. Des documents de coopération ont notamment été annoncés entre des organismes de recherche russes, l’université togolaise et des structures nationales chargées du patrimoine culturel.
La coopération numérique s’élargit
Les technologies de l’information et de la communication constituent un autre axe du partenariat. Les deux pays souhaitent explorer des projets liés à la numérisation de l’administration publique, aux télécommunications, aux communications satellitaires et aux infrastructures numériques. La cybersécurité, les médias et la médecine numérique figurent également parmi les secteurs identifiés.
Ces domaines pourraient contribuer à moderniser les services publics et à améliorer la circulation de l’information, tout en renforçant la sécurité des réseaux.
Une prochaine réunion à Moscou
Les délégations ont convenu d’organiser la deuxième session de la Commission mixte intergouvernementale en Russie en 2028. Les dates précises seront arrêtées et communiquées par voie diplomatique. Cette première réunion s’inscrit dans le prolongement de la rencontre tenue le 19 novembre 2025 au Kremlin entre le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, et le président russe, Vladimir Poutine. Les deux dirigeants avaient alors exprimé leur volonté de renforcer les relations entre leurs pays et décidé de mettre en place cette commission de suivi.
Le Togo et la Russie entretiennent des relations diplomatiques depuis 1960. Avec cette nouvelle feuille de route, Lomé et Moscou cherchent désormais à transformer leur partenariat politique en une coopération davantage orientée vers les investissements, les infrastructures, la formation et le développement industriel.
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