Le président togolais Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové a participé, mercredi 30 septembre, au lancement officiel des travaux de la future raffinerie Dangote East Africa, à Lamu, sur la côte kényane. Cette cérémonie a réuni plusieurs dirigeants africains autour d’un projet présenté comme l’un des plus importants investissements industriels du continent.
Portée par le groupe nigérian Dangote, l’infrastructure devrait nécessiter environ 16 milliards de dollars et entrer en service au terme d’un chantier estimé entre 30 et 40 mois. Sa capacité annoncée atteindrait 700 000 barils de pétrole brut par jour, un niveau qui en ferait l’une des plus grandes installations de raffinage d’Afrique de l’Est.
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La raffinerie doit contribuer à réduire la dépendance de plusieurs pays de la région aux importations de produits pétroliers raffinés. Elle pourrait également renforcer le rôle de Lamu comme plateforme portuaire, énergétique et industrielle pour les marchés d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale.
Le chef de l’État togolais a pris part à l’événement aux côtés du président kényan William Ruto, du président ougandais Yoweri Museveni, du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et du président béninois Romuald Wadagni. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo figurait également parmi les personnalités présentes.
Dans son allocution, Jean-Lucien Savi de Tové a vu dans le lancement du chantier le signe d’une évolution du modèle économique africain. Selon lui, le continent ne doit plus se limiter à exporter ses matières premières, mais doit développer ses propres capacités de transformation.
« La cérémonie de pose de la première pierre de la raffinerie de Lamu est un autre symbole rassurant d’une Afrique qui se tourne vers elle-même, qui ne se contente plus d’exploiter ses richesses, mais qui les transforme, les valorise et les maîtrise avec le concours de ses propres fils », a déclaré le président togolais.
Le dirigeant a aussi insisté sur la dimension transrégionale de l’initiative. La participation d’un chef d’État ouest-africain à une cérémonie organisée en Afrique de l’Est illustre, selon lui, la possibilité de bâtir des partenariats industriels dépassant les frontières géographiques habituelles.
Le projet de Lamu s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance énergétique du continent. En produisant localement une partie des carburants consommés dans la région, la future raffinerie pourrait limiter les sorties de devises et améliorer la sécurité des approvisionnements, alors que plusieurs économies africaines restent tributaires des importations de produits raffinés.
Les autorités kényanes présentent également l’installation comme un levier de création d’emplois et de développement des compétences industrielles. Le projet devrait s’accompagner d’activités liées à la pétrochimie, à la logistique, à la maintenance et aux services portuaires. Des organisations environnementales et des propriétaires fonciers contestent toutefois certains aspects du chantier devant la justice kényane, ce qui pourrait alimenter le débat sur son impact social et écologique.
Pour Lomé, la présence du président Savi de Tové traduit un intérêt marqué pour les initiatives africaines capables de stimuler l’industrialisation, les infrastructures et les échanges entre régions. Elle intervient également dans un contexte où les États cherchent à consolider des partenariats économiques intra-africains, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports.
En s’associant à ce rendez-vous, le Togo entend ainsi réaffirmer son soutien aux projets qui favorisent la transformation des ressources sur le continent. Au-delà de la seule construction d’une raffinerie, le chantier de Lamu se veut le symbole d’une Afrique désireuse de produire davantage, de commercer entre elle et de mieux maîtriser ses chaînes de valeur.
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