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Togo : 300 000 tonnes visées pour la filière soja bio

À Agbélouvé, le chiffre a donné le ton. Pour la campagne 2026-2027, la filière soja togolaise vise 300 000 tonnes…

À Agbélouvé, le chiffre a donné le ton. Pour la campagne 2026-2027, la filière soja togolaise vise 300 000 tonnes de production. Mais derrière cet objectif quantitatif se joue une bataille autrement stratégique : consolider la place du Togo sur le marché du soja biologique tout en faisant de cette culture une source de revenus plus solide pour les producteurs.

Réunis dans la commune de Zio 3 pour lancer la cinquième campagne de production, les acteurs de la filière ont placé le biologique au centre de leurs priorités. Le thème retenu — « Soja biologique : notre choix, notre avenir » — résume cette volonté de faire du bio l’un des principaux leviers de croissance de la filière.

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Conseil Interprofessionnel de la Filière Soja du Togo - Cifs-TOGO
© Conseil Interprofessionnel de la Filière Soja du Togo - Cifs-TOGO

Dix ans d’expansion : Une production nationale en forte croissance depuis 2015

Le chemin parcouru permet de mesurer l’ampleur de l’ambition. En 2015, le Togo produisait moins de 25 000 tonnes de soja. Dix ans plus tard, la production nationale dépassait 260 000 tonnes en 2025. Le pays veut désormais franchir un nouveau seuil avec une cible de 300 000 tonnes pour la campagne 2026-2027.

Cette progression traduit l’installation progressive du soja dans le paysage agricole et commercial togolais. Pour le Conseil interprofessionnel de la filière soja du Togo (CIFS-Togo), l’étape suivante consiste à mieux organiser cette croissance. 

Car produire davantage ne suffit plus lorsque les marchés deviennent plus exigeants et que la concurrence internationale se renforce. Le défi est désormais de faire fonctionner la filière comme un véritable écosystème, depuis la parcelle jusqu’au marché d’exportation.

Conseil Interprofessionnel de la Filière Soja du Togo - Cifs-TOGO
© Conseil Interprofessionnel de la Filière Soja du Togo - Cifs-TOGO

Le soja biologique : Un avantage compétitif sur le marché international

C’est sur ce terrain que le Togo entend jouer une partie de son avenir. Selon le président du CIFS-Togo, Mounirou Koriko, le pays a déjà occupé à quatre reprises la première place des exportateurs de soja biologique vers l’espace Schengen.  Cette performance constitue un avantage commercial, mais également une responsabilité : celle de maintenir la qualité et la régularité nécessaires pour rester compétitif.

Le marché du soja biologique n’est donc plus seulement une opportunité. Il devient un territoire à défendre. Pour y parvenir, la filière mise sur l’intensification de la production biologique et sur le renforcement des dispositifs d’accompagnement des producteurs.

Cela passe notamment par les semences, les intrants, la formation et l’accompagnement technique. Autrement dit, le Togo cherche à sécuriser la production en amont pour préserver sa compétitivité en aval.

Conseil Interprofessionnel de la Filière Soja du Togo - Cifs-TOGO
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Accompagnement technique et soutien de l’État : Structurer la chaîne de valeur

Derrière les statistiques et les objectifs d’exportation se trouve une réalité plus concrète : celle du producteur. Pour atteindre 300 000 tonnes, la filière devra disposer de producteurs suffisamment accompagnés, de semences de qualité et de solutions techniques adaptées aux réalités du terrain.

Le CIFS-Togo veut donc renforcer la coordination entre les différents maillons de la chaîne de valeur : agriculteurs, transformateurs, partenaires techniques et institutions publiques. Cette organisation apparaît d’autant plus importante que la filière veut simultanément augmenter ses volumes et préserver les exigences liées au biologique. Le rendement ne peut plus être pensé séparément de la qualité, et la qualité ne peut plus être dissociée de l’accès au marché.

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L’État veut sécuriser la chaîne

Représentant le ministre chargé de l’Agriculture, Alex Kpanté Bouab, directeur de l’entrepreneuriat et du financement agricole, a rappelé les principaux leviers sur lesquels le gouvernement entend agir. L’exécutif mise sur l’accès aux semences améliorées et aux intrants de qualité, mais aussi sur le conseil agricole, la formation des producteurs et une mécanisation adaptée.

Le soutien annoncé s’étend également à la professionnalisation des coopératives. Le gouvernement veut par ailleurs encourager des pratiques agricoles capables de mieux résister aux effets du changement climatique et renforcer les connexions entre producteurs, transformateurs et marchés.

Cette approche traduit un changement de perspective. Le soja n’est plus considéré uniquement comme une culture à développer. Il est désormais envisagé comme une chaîne de valeur à structurer, avec ses propres exigences de production, de transformation, de commercialisation et d’accès aux marchés.

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De la croissance à la maturité : Maximiser la valeur ajoutée pour les producteurs

Le prochain enjeu sera donc de savoir ce que le Togo fera de cette croissance. La progression de la production nationale est spectaculaire : de moins de 25 000 tonnes en 2015 à plus de 260 000 tonnes en 2025. Mais une filière agricole ne se mesure pas uniquement au tonnage récolté. Elle se mesure aussi aux revenus qu’elle génère, aux emplois qu’elle crée et à la capacité du pays à conserver une part plus importante de la valeur produite.

C’est précisément l’un des objectifs affichés à travers le plan stratégique consacré au développement de la filière : consolider la position du Togo sur les marchés internationaux, augmenter les revenus des producteurs et construire une activité durable et compétitive. Le prochain cap ne sera donc pas seulement celui des 300 000 tonnes. Il sera celui de la valeur créée autour de ces 300 000 tonnes.

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Agbélouvé, le point de départ d’une nouvelle bataille

Le lancement de la campagne 2026-2027 ouvre ainsi une séquence décisive pour le soja togolais. Le pays dispose déjà d’un marché extérieur, d’une production en forte progression et d’une réputation construite autour du biologique. Reste maintenant à transformer ces acquis en avantage durable. À Agbélouvé, les acteurs de la filière ont choisi de placer le bio au cœur de cette nouvelle étape. Leur pari est clair : continuer à produire davantage sans perdre ce qui fait la singularité du soja togolais.

Atteindre 300 000 tonnes sera un indicateur. Préserver la qualité, améliorer les revenus des producteurs et rester compétitif sur les marchés internationaux sera le véritable test. Car pour le Togo, l’avenir du soja ne se joue plus seulement dans les champs. Il se joue désormais dans la capacité de toute une filière à passer de la croissance à la maturité.

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